Editoriaux - Histoire - 26 mai 2018

Journée esclavage

Le député de La Réunion a déposé, ce mercredi, à l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à la création d’un jour férié national commémorant l’abolition de l’esclavage. Il est vrai que, fin mai, après les ponts et le solde des RTT, rien ne se fait plus cruellement sentir que le manque de jours fériés ! Donc, avec ses copains de La France insoumise, l’élu propose de chômer tous les 4 février, jour anniversaire du premier décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies, voté par la Convention en 1794.

Sait-il que, trois semaines plus tard, les sympathiques révolutionnaires avaient apparemment rangé leur humanisme au vestiaire, puisque c’était le massacre des Lucs-sur-Boulogne par les “colonnes infernales”, où plus de cinq cents femmes et enfants seront brûlés vifs dans l’église. Au fait, pourquoi ne pas proposer une journée de commémoration de ce crime de guerre civile ? C’est que la sérendipité historique est comme les mines de charbon : quand on y descend avec une lanterne, on risque le coup de grisou…

Mais, on l’aura compris, c’est d’abord un coup de repentance de plus que souhaite l’Insoumis, dans le droit fil du concours scolaire annuel La Flamme de l’égalité, “invitant” les élèves à “mener une réflexion et à réaliser un projet sur l’histoire des traites et des captures, sur la vie des esclaves et les luttes pour l’abolition, sur leurs survivances, leurs effets et leurs héritages contemporains”.

On voit mal, par ailleurs, pourquoi un jour de souvenir devrait systématiquement s’exercer au détriment du travail et de la production nationale. Au lieu du 4, pourquoi ne pas proposer plus simplement le premier dimanche de février ? Quant au 10 mai, déjà décrété jour de commémoration annuelle de l’abolition de l’esclavage par un décret de mars 2006, on en fait quoi ?

Par cette compulsion célébratrice, on sent nettement la volonté de jeter l’anathème sur le seul homme blanc, pour une pratique qu’il a abolie il y a plus deux siècles sur son sol, plus de cent ans dans les territoires colonisés, alors qu’Arabes et Africains s’y adonnent encore allègrement aujourd’hui, et dans la plus grande indifférence.

Il y a quand même des gens qui ont une drôle de priorité…

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