Ce lundi 29 novembre, une soixantaine de personnes se sont réunis devant l’Assemblée nationale afin de protester contre le renforcement du droit à l’avortement. À l’appel du collectif Alliance VITA, une association qui affirme s’engager « en faveur de la vie humaine » et qui suit de près les sujets de bioéthique, ces militantes sont venues s'opposer à l’examen en deuxième lecture par l’Assemblée d’un texte qui prévoit l’allongement des délais légaux d’accès à l’IVG de douze à quatorze semaines et la suppression de la clause de conscience des professionnels de santé.

Ce projet de renforcement du droit à l’avortement est porté par la députée du Val-de-Marne Albane Gaillot, issue des rangs de La République en marche. En clair, ce texte prévoit, en plus d’allonger le délai légal d’avortement, de supprimer la clause de conscience des professionnels de santé, de faciliter l’interruption volontaire de grossesse à domicile, d’autoriser la pratique de l’IVG médicale par les sages-femmes avant 10 semaines de grossesse, d'allonger les délais légaux d'IVG à domicile de 5 à 7 semaines de grossesse et de supprimer le dernier délai de réflexion de 48 heures entre les deux consultations d'IVG pour les mineures.

Afin de comprendre au mieux les raisons de celles qui militent contre cette nouvelle réforme, nous avons donné la parole à Mme Caroline Roux, directrice ajointe d’Alliance VITA.

Rappelons également qu’en juillet dernier, dans un entretien accordé au magazine féminin Elle, le Président Emmanuel Macron avais pris position contre l’allongement du délai de l’IVG, affirmant que l’avortement était « plus traumatisant dans ces délais-là ». Propos que le chef de l’État ne désavouera pas, loin s’en faut, après son interview dans les colonnes du Figaro : « Je n’ai pas changé d’avis. Des délais supplémentaires ne sont pas neutres sur le traumatisme d’une femme. Après, je respecte la liberté des parlementaires. » Le député et ancien ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, lui, affirmait, en octobre, que « si on veut garantir un droit réel et égal à celles qui doivent être protégées, il est nécessaire d'allonger les délais ».

Quoi qu’il en soit, les participants et les organisateurs savent pourquoi ils sont là : sur les dizaines de milliers d’avortements annuels en France (220.000, selon le gouvernement), beaucoup de ces IVG sont faites, disent-ils, sous la contrainte : pression du conjoint, précarité économique, manipulations de l’entourage, détresse sociale… Autant d’interruptions de grossesse qui pourraient être évitées grâce à un meilleur accompagnement des femmes qui en font la demande. Selon Camille, 24 ans, et mobilisée devant l’Assemblé, « la devrait pourvoir plus d’aide aux femmes qui avortent sous la contrainte, des aides sociales et financières » plutôt que d’accorder un délai supplémentaire. La jeune fille ajoute : « Ces deux semaines de plus, ce sont des semaines d’acharnement et de pression, pas deux semaines de liberté ! »

Quant aux déclarations d'Emmanuel Macron, Camille s’en réjouit et trouve que si le gouvernement peut peser dans le sens de son combat, « c’est une très bonne nouvelle ». Fabrice, la soixantaine, est, lui, plus critique : « Macron est une bulle de savon, on ne sait pas ce qu’il pense vraiment. » Plus radical dans ses réponses, le retraité affirme : « L’avortement, c’est un meurtre, de toute façon, mais tout le monde ne le comprend pas […] quand il n’y a plus de bornes, il n’y a plus de limites. »

Encore peu médiatisée, la discussion parlementaire à l’Assemblée risque de faire parler d’elle alors que le pays s'avance vers la présidentielle, période durant laquelle les sujets clivants s’invitent volontiers.

29 novembre 2021

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