Il est toujours là et tergiverse… Le vieux et féroce tyran qui a dirigé le Zimbabwe pendant trente-sept horribles années ne veut toujours pas se retirer. On se souvient que la semaine dernière, le général en chef de l’armée lui avait demandé poliment mais fermement de quitter le pouvoir en le cantonnant chez lui à une résidence étroitement surveillée en compagnie de son épouse détestée, Grace. Entre-temps, il a été destitué comme leader du ZANU-PF, parti historique né pendant la guerre d’indépendance dans les années soixante-dix ; insulte ultime à celui qui l’a dirigé depuis cette époque. Lâché par Jacob Zuma, son voisin et ami sud-africain, il est enfermé dans sa luxueuse maison de Borrowdale et reçoit quelques derniers fidèles qui savent qu’ils tomberont si le vieux leader s’en va.

Blancs et Noirs confondus dans la même allégresse manifestent dans les rues de la capitale tandis que la nouvelle équipe dirigeante affûte sa stratégie. Mais qui sont-ils, ceux qui ont mis fin à cette horrible dictature ?

Trois noms circulent avec insistance.

Celui d’ tout d’abord, ancien vice-président récemment limogé par Mugabe et qui avait fui le pays après une tentative d’empoisonnement. Ancien compagnon de route de Mugabe et combattant sanguinaire à l’époque de la guerre contre le gouvernement de Ian Smith, il avait été en 1985 la cheville ouvrière du massacre de vingt à trente mille Ndébélés lors d’une opération appelée Gukurahundi, décidée par Mugabe pour faire comprendre à son adversaire de l’époque, Joshua Nkomo, que c’était lui, Mugabe le Shona, qui était le boss. est appelé le Crocodile à cause de la violence de ses colères. Depuis, il dit : “J’ai changé parce que j’ai rencontré le Seigneur…” C’est lui qui a été l’instigateur du coup d’État.

À ses côtés, , ancien ministre limogé en 2014 par Mugabe. Mujuru était, elle aussi, dans le maquis avec Mugabe, et son petit nom était alors Teurai Ropa (“qui verse le sang”). Mnangagwa et Mujuru ont été, au moment de la réforme agraire à partir de 2000, de féroces partisans de l’expulsion des fermiers blancs de leurs fermes.

Le troisième nom cité avec insistance pour la future troïka dirigeante est celui de , chef du MDC, le parti d’opposition à Mugabe et qui fut, plusieurs fois, emprisonné et battu, alors qu’il avait été à un moment Premier ministre de pacotille du vieux tyran.

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