L’angélisme ou la complaisance des autorités politiques devant l’ n’est plus à démontrer. On parle moins, parce qu’elle est moins visible, de l’ingérence de la Chine dans les universités de l’Hexagone. Libération publie, sur ce sujet, une enquête instructive sous le titre éloquent « Dans les facs françaises, des travaux dirigés par Pékin », expliquant l’entrisme du régime communiste dans l’enseignement supérieur.

La Chine de étend, depuis 2013, son influence dans les universités et grandes écoles françaises. Au début, quand on le dénonçait, on se faisait vite accuser d’être un affabulateur, voire un xénophobe, méthode éprouvée pour faire taire l’importun. Mais la réalité finit par s’imposer. Ainsi, un spécialiste de la Chine contemporaine, cité par Libération, reconnaît qu’« il n’y a plus une seule université en France qui n’ait pas un partenariat ou une forme de coopération avec la Chine », ajoutant que « cela participe au terreau général de cette logique d’influence dans académique, qui va parfois jusqu’à des formes d’ingérence ».

Cette forme d’impérialisme découle de la nature même d’un régime totalitaire. Les universités chinoises, nous explique ce journal qui flirta naguère avec le maoïsme, subissent une surveillance généralisée : caméras dans les salles, mouchards chargés de dénoncer ceux qui s’écartent de la ligne du parti – Orwell n’a rien inventé. Cette mainmise idéologique a, naturellement, vocation à s’étendre hors des frontières. Le régime de Pékin y met donc les moyens nécessaires et avance méthodiquement, à petits pas.

Son ambassade prend des airs de sainte-nitouche, en jurant ses grands dieux que « la partie chinoise ne s’ingère jamais dans les affaires intérieures françaises, ni fait pression sur les établissements académiques français ». Et ça marche chez une grande partie des universitaires, qui y croient dur comme fer. Il faut dire que l’État français a longtemps considéré que la Chine était un pays comme les autres. Alors, pourquoi les autorités chinoises se gêneraient-elles ?

Ose-t-on se montrer lucide, on est immédiatement attaqué. Libération raconte qu’un sinologue, qui avait dénoncé les pressions exercées sur un sénateur français, organisateur d’un voyage à Taïwan, s’est vu traiter de « hyène folle » et de « petite frappe » par l’ambassade de Chine. Toutes sortes de pressions s’exercent sur les réfractaires à une vision idyllique de la Chine. À force, on commence à prendre conscience de la menace et à la révéler. Il paraît même que l’Élysée prend ce problème au sérieux.

La Chine sait aussi tirer profit de la condition misérable de la recherche française, du manque de reconnaissance, de la pénurie de moyens. Elle attire les chercheurs français en leur promettant monts et merveilles, finances à gogo et labos flambant neuf. Libération cite la métaphore d’un chercheur, qui appelle cette pratique « la tactique du bonbon qui étouffe » : « Au début, il est sucré, on y prend goût, et puis on ne peut plus s’en passer. C’est là que le risque d’influence est réel ». D’autres, plus sévères, estiment que des chercheurs sont bien contents de se faire offrir des voyages et d’ajouter quelques lignes sur leur CV.

La Chine utilise toutes les ficelles, de grosses et de plus fines, pour étendre son influence. Elles deviennent si visibles qu’on ne peut plus les ignorer. Mais, comme pour l’immigration, pour être dans le vent et satisfaire son appétit de mondialisme, nos élites peinent encore à dénoncer ce mal qui nous vient de l’Orient.

27 juillet 2021

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