“Lady Di? Well, she did…”, disent, avec un humour assez noir, nos voisins britanniques. Le 31 août 1996, le véhicule de l’ex-princesse de Galles percutait à pleine vitesse une pile du pont de l’Alma en essayant d’échapper aux journalistes. L’amant de la princesse, Dodi Al-Fayed, ainsi que le chauffeur de la Mercedes, Henri Paul, furent également tués sur le coup. Ainsi s’achevait, par une très jet-set, la vie mouvementée de la “princess of the people”.

Issue de la très ancienne Spencer, Diana avait rencontré le prince Charles alors que celui-ci courtisait sa sœur aînée. Elle faisait partie du milieu que fréquentaient ordinairement les membres de la famille royale. Très jeune, pleine de fraîcheur et d’une grâce presque enfantine, elle avait tout pour plaire – au prince comme à son peuple. Elle sut conquérir le cœur de la famille royale, avec une timidité de bon aloi que démentait le surnom (« la duchesse ») que lui donnaient ses frères et sœurs.

Mariée à vingt ans, au terme d’une cérémonie en Technicolor™, elle se retrouva rapidement très seule, avec un mari qui en aimait une autre, une série d’obligations qui lui pesaient et une belle-famille (surnommée « la Firme ») dont le seul objectif était de tenir son rang pour survivre.

On connaît la suite : interviews-confessions plutôt gênantes, étalage de ses problèmes personnels, divorce, relations diverses, engagements caritatifs, accident de la route.

Libération signale, dans son édition de mardi, que Lady Diana est aujourd’hui considérée comme une icône féministe, prisonnière d’un carcan étouffant et misogyne. C’est oublier commodément que la princesse avait accepté le job, si l’on peut dire, et qu’elle était mieux placée que beaucoup d’autres filles pour savoir exactement où elle mettait les pieds. C’est également tout mélanger que de prendre ses caprices pour une âpre lutte, son divorce pour une courageuse évasion et son destin pour un modèle à imiter. Enfin, pour l’anecdote, Diana n’avait pas juré obéissance à son mari, à rebours de la tradition royale.

Elle n’avait rien d’une pauvre femme opprimée. Rien d’une combattante féministe. Elle avait pour elle une beauté certaine, un charisme télégénique et un goût de la mise en scène qui correspondait assez bien aux années quatre-vingt.

Une fois de plus, l’alliance de l’inculture et de l’aveuglement idéologique fait des ravages à gauche. Bien plus estimable est le parcours de Catherine, duchesse de Cambridge, que la presse s’obstine à appeler Kate Middleton. Descendante de mineurs, fille d’entrepreneurs, elle a mis au point un plan parfait pour séduire le prince William. Elle a ensuite appris tous les codes, donnant à toutes ses apparitions un cachet à la fois moderne et intemporel. Rien de narcissique, de ramenard ou de pleurnichard. Elle s’acquitte parfaitement d’obligations qu’elle a (à la différence de son mari) librement choisies. La duchesse de Cambridge n’a rien reçu et a tout réussi. Diana venait du sérail, elle avait tout pour briller et a fini comme une starlette de télé-réalité, dans une voiture de luxe, au bras d’un héritier égyptien, en sortant du Ritz.

Icône féministe ? Amusant. Icône postmoderne, c’est certain. On n’aime pas trop le “never explain, never complain”, en 2021. On préfère les destins tragiques, les sorties tapageuses, le mépris de la tradition. On préfère Meghan à Kate. C’est comme ça.

31 août 2021

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