Trois chasseurs de Lorraine viennent de tomber pour la France, quelque part dans les solitudes sablonneuses du Sahel, là où les frontières (les traits à la règle des accords de Berlin), les États souverains et les bons sentiments sont lettre morte. Leur véhicule a sauté sur un engin explosif improvisé. Ils avaient tous moins de trente ans.

Notre Président a choisi, dans son magasin d’émotions, quelque chose comme « la plus grande de toutes les émotions ». Je n’ai pas lu les termes exacts qu’il a employés. Sans doute que lui non plus. Ça n’a pas d’importance.

Les supposées raisons de notre présence qu’avancent, avec une confondante mauvaise foi, les opposants à l’opération semblent dérisoires et même révoltantes. Les matières premières nigériennes, le fameux uranium par exemple, coûtent à la France plus qu’elle ne lui rapporte. L’accusation de néo-colonialisme, face à des gouvernements qui manquent de tout sauf de vanité, perfusés par la communauté internationale, est une sinistre blague.

Alors pourquoi ? Tout ce que l’on peut dire, c’est que ces trois héros sont morts pour accomplir leur devoir. Et ce n’est pas rien.

Plus encore : ils sont des héros silencieux, qui n’ont pas tweeté sur leur engagement ou publié des « stories » sur Instagram pour se mettre en avant. Leur silence s’oppose aux sorties abjectes de certains « twittos » ou aux éclats de rire virtuels visibles en commentaires sur le site de BFM TV. La décence, l’honneur, le sacrifice. Des mots qui font rigoler un peu partout en France.

Et plus généralement : pendant que la France se remplit de ressortissants maliens qui ne défendent pas leur pays, des Français vont mourir au pour préserver leur patrie du terrorisme. Le torrent médiatique de l’inutilité roule toujours. On les aura oubliés demain, et la télé passera à autre chose.

De notre côté, ne les oublions pas. C’est la moindre des choses. Ce sont eux qui méritent une pleine page dans les journaux, et pas l’écume noirâtre de la postmodernité.

30 décembre 2020

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