Héritage et particule : quand les nobles sont accusés d’« unions consanguines »
Deux siècles « après la prise la Bastille, la noblesse tient toujours le haut du pavé dans certains quartiers huppés de Paris ». Une semaine après la publication de l’étude « La roue de la fortune - Constitution et transmission des patrimoines dans la France contemporaine » par la fondation Jean-Jaurès, Le Canard enchaîné relève l’un des exemples baroques retenus par les auteurs de l’analyse pour justifier leur propos. En effet, afin d’illustrer la concentration géographique des « gros patrimoines », Jérôme Fourquet (IFOP) et Marie Gariazzo (Observatoire Société & Consommation) ont décidé d’éplucher l’annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines d’Europe, et de le comparer aux listes électorales parisiennes.
Noblesse et richesse
Leur conclusion est simple : plus de trois siècles après le règne de Louis XIV et plus de deux cent trente ans après la Révolution, « le phénomène de concentration des particules (nobiliaire, NDLR) à Paris est toujours d’actualité ». Ainsi, alors que la noblesse représenterait aujourd’hui environ 100.000 personnes et 3.000 familles, « soit 0,2 % de la population », « cette proportion est pratiquement dix fois plus importante à Paris, puisqu’elle atteint 1,8 % », notent les auteurs du rapport. Les deux experts vont jusqu’à définir les quartiers de prédilection de ces familles issues de la noblesse, à savoir ceux de l’église Sainte-Clotilde, de la rue du Bac (Paris, VIIe arrondissement) ou du collège Janson-de-Sailly (Paris, XVIe arrondissement). Et pour expliquer la permanence de ces familles dites « à particule » dans ces quartiers, les auteurs du rapport avancent plusieurs raisons. D’une part, ces familles seraient majoritairement propriétaires et auraient donc transmis de génération en génération leur bien immobilier situé dans ces quartiers cossus. Ensuite, il existerait un « très fort taux d’endogamie ». Ainsi, « 32 % des nobles vivant à Paris sont mariés à un(e) noble ». Ce qui conduit Le Canard enchaîné à insinuer, non sans sarcasme, qu’il existerait donc un « risque d’unions consanguines »…
Comme au temps de Louis XIV, la noblesse tape toujours l'incruste à l’Ouest de Paris, dans les arrondissements les plus huppés. Elle représente jusqu’à 12% des électeurs de certains secteurs selon une récente étude de la Fondation Jean-Jaurès. https://t.co/EDoKpYq3Ro
— Le Canard enchaîné (@canardenchaine) September 15, 2025
Avec un tel exemple, les auteurs de l’étude tendent à faire croire que posséder un nom à particule et être cité dans l’annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines d’Europe suffisent pour justifier un « gros patrimoine ». Mais le temps de l’Ancien Régime et des privilèges est bel et bien révolu… Noblesse et richesse ne riment plus nécessairement. Et il ne faut pas oublier, comme le montrent les auteurs - mais comme tend à l'oublier Le Canard enchaîné -, que Paris n'est pas uniquement dominé par « les noms à particule », mais aussi par d'autres castes élitistes (hauts fonctionnaires, entrepreneurs et gérants de start-up).
La richesse est de plus en plus héritée
Cet exemple incongru, qui offre à certains des occasions faciles de moqueries, ne doit pas pour autant éclipser l’excellent travail réalisé par les auteurs dans cette étude qui révèle tout d’abord que désormais en France, la richesse est de plus en plus héritée plutôt qu’acquise par le travail. Preuve flagrante de l’importance de l’héritage, parmi les 500 premières fortunes françaises, selon le classement réalisé par Challenges, 43 % sont des héritiers. Le Top 100 est, quant à lui, « composé de 60 % d’héritiers ». Certes, 40 % des plus grandes fortunes françaises n’ont pas hérité de leur patrimoine mais l’ont construit, notamment dans le domaine du numérique. Mais bien souvent, ces non-héritiers ont tout de même un père dirigeant d’entreprise, cadre ou profession libérale. À croire que le système méritocratique républicain est bel et bien un lointain souvenir… « L’ascenseur social par le salariat est, sinon bloqué, au moins grippé. Il y a bien l’entreprenariat qui peut offrir une fenêtre de tir intéressante. Mais combien d’élus, parmi ceux qui tentent l’aventure ? » À l’heure où la question du financement individuel des retraites se pose sérieusement, l’héritage n’apparaît donc pas négligeable pour bon nombre de Français qui pourraient s’en servir comme « amortisseur » ou « stabilisateur ». Et revient ensuite inlassablement la question de la taxation de l'héritage, un droit toujours sacré pour les Français.
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53 commentaires
et dans ces grandes familles, toujours chrétiennes, il y a beaucoup d’enfants…
donc, elles maintiennent au moins un nombre de français de souche de bonne éducation (c’est ce qui dérange le plus, la tradition) et notre histoire
Par ailleurs, les nobles, pour la plupart, n’étaient pas riches…..et ne le sont toujours pas….
mais ils sont dignes de leur histoire, eux
Il est peut-être nombre de particules qui sont plutôt douteuses et que l’on voit parfois même chez certains hommes politiques (suivez mon regard, Dominique…)…J’ai, en revanche, un ami de noblesse d’épée, membre de l’une des plus vieille familles de France, qui doit les moyens de sa survie au métier de…plombier !
Une particule n’est autre chose qu’une présomption de noblesse et de richesse. Un de mes ancêtres, le Baron Péqueux, jamais n’a porté d’autre dénomination; un autre, Comte de Friville, sur les bords de la somme maritime, labourait sa terre avec son cheval, seul signe visible d’anoblissement et n’avait jamais porté les armes lorsque la Révolution le saisit . Il échappa à la guillotine en renonçant à son titre et à sa monture.
En revanche nombreuses sont les particules usurpées comme celle de Voltaire et perpétuées ou vendues comme celle de Giscard.
OUI. Et il y a aussi les… « de la bourse plate » à qui il ne reste que la particule. Il faut arrêter d’être jaloux de tout et de tout le monde.
Si encore aujourd’hui les descendants possèdent toujours leur patrimoine c’est qu’il a été bien géré . Les gros jaloux gaucho bobo caviars sur le dos de la république française payés par nos impôts devraient se méfier. Le temps viendra où ils n’auront que des larmes suite à leurs avidité.
Connaissez vous Moïse Mitterrand, petit neveu de l’autre, Président de “Les nouveaux constructeurs” une famille nepotique. Dans son classement 2020, Challenges l’estime à 580 M€ et la classe 153e fortune française, sur la base de sa participation de 83,6% à la société de promotion immobilière dont le chiffre d’affaires est de 976 millions d’euros[15]Dans son classement 2019, le magazine Challenges estimait sa fortune à 550 M€ et la classe 168e fortune française[12], fortune de la famille puisque liée à la valeur de sa société dont ses enfants sont tous associés.
Le canard enchaîné qui n’aime pas les héritages, y compris lorsqu’il ne s’agit que du nom de famille, n’a pas du relever que les journalistes se cooptent. Des lignées entières de consanguins gauchistes qui gardent les bons postes pour leurs enfants.
Le canard enchaîné n’a pas non plus relevé le fait qu’en France il y a 10% d’abrutis finis (j’ai un autre mot en tête mais je reste poli) mais qu’à Paris il y a en a 20 ou 30% …
IFOP et Observatoire Société et consommation :: voilà des organismes qui pourraient participer à blanchir les fameux 40 milliards par leur disparition
Les écolos font très fort : après les micro-particules ils s’attaquent aux particules !!
Trop de Français sont des jaloux et des envieux. Hélas aussi des flemmards. Nous sommes le pays qui travaille le moins et qui paye le plus d’impôt. Il y a pourtant une relation facile à établir
Ne pas oublier la fausse noblesse : ex M.de Villepin , mais reste en effet environ 3000 familles issues de la vraie noblesse dont je fais partie (origine l’an 1 057) , je n’habite pas dans le 16. arrondissement , mais dans le 78 , se méfier des idées toute faites sur la noblesse , ma grand mère faisait des ménages à la SNCF ! mais depuis on a remonté la pente , on ne se plaint pas , on fait partie de la nombreuse association : « c’est Nicolas qui paye » !
Il n’y a rien de noble chez de… Villepin, ni son nom, ni sa personne.
Tout cela est tellement bête.
Chacun fait komiveu !
Ha cette noblesse déplorable, des blancs,qui défendent le patrimoine,qui aiment laFrance que leurs ancêtres ont fait, qui ne pensent pas comme il faudrait, on comprend qu’ils énervent nos dirigeants actuels qui en sont tout le contraire
. . . la France que leurs ancêtres ont faite . . .
« Héritage et particules » Oui et alors ! Après l’opposition entre les vieux et les jeunes , entre les travailleurs et les retraités, entre les riches et les pauvres, entre patrons et salariés, voilà qu’on rajoute entre les nobles et les roturiers ! Mieux diviser pour mieux régner ? Cela en devient pénible ! Le pays est mal en point, donc occupons nous de remettre de l’ordre dans notre pays.
N’oubliez pas que mes chiens sont créancés! Ils ne chassent que le lapin DE garenne!
Noblesse rime avec richesse et paresse.
Mais il ne faudrait pas croire, comme l’article semble le dire , que les nobles étaient forcément riches sous l’ancien régime.
La taxation de l’héritage devrait permettre de moins taxer les revenus du travail et remettre en marche l’ascenseur social tout en réduisant les inégalités à la naissance.
Avec le prochain décès de la foule des babyboomers et le peu d’enfants héritiers, la question de la taxation des héritages est primordiale.
En tout cas pour les politiques, la France n’hérite que de ploucs !
et des jaloux …
Absolument