Ce jeudi matin, sur RTL, Stéphane Bern était interviewé au saut du lit par Yves Calvi à propos de la nouvelle de la journée : le renoncement du et de son épouse à leur rôle au sein de la royale. Si l’on devait retenir deux choses de cette interview en robe de chambre : c’est une « tempête dans un verre d’eau » et veut bien des avantages de sa condition d’altesse royale mais pas des inconvénients. Avis d’un spécialiste.

Numéro six dans l’ordre de succession, les chances de régner du cadet du prince Charles sont bien minces, sauf toxi-infection alimentaire collective répondant au joli acronyme de « TIAC » ou bombardement massif de Buckingham Palace le jour de l’ de la reine. Cela dit, il faut encore relativiser : une fois éliminés les descendants du prince Charles, il restera toujours ceux des princes Andrew et Edward ainsi que ceux de la princesse royale Anne. Et puis, quand il n’y en a plus, il y en a encore : vous avez la progéniture de la princesse Margaret, à ce jour au nombre de six personnes. Et puis les cousins germains de la reine et leurs descendants, ce qui représente presque une cinquantaine de personnes.

De quoi voir venir. Et ainsi de suite, jusqu’à aller rechercher à travers le monde tous les descendants de la princesse-électrice de Hanovre (1630-1714), à l’exclusion des papistes, bien évidemment. En 2011, près de six mille personnes étaient ainsi inventoriées – 5.753 exactement. Vérifiez, vous y êtes peut-être, on ne sait jamais ! De quoi assurer la pérennité de la britannique, vu que la probabilité que tout ce petit monde se réunisse instantanément dans un même lieu et qu’une épidémie de choléra s’abatte soudainement sur lui est relativement faible. Autant dire, aussi, que le cinq mille sept cent cinquante-troisième gazier dans l’ordre de succession a plutôt intérêt à se trouver un boulot ou, mieux, à jouer au Loto.

Tout cela pour dire que la monarchie britannique en a vu d’autres depuis Guillaume le Conquérant, ancêtre de tous les rois et reines d’Angleterre, et que le recul pris par le duc et la duchesse de Sussex vis-à-vis de la famille royale est un non-événement au regard de l’histoire de cette vénérable institution. Il paraît que Harry et Meghan vont partager leur vie entre le Royaume-Uni et l’Amérique du Nord, sans préciser si cela sera les États-Unis ou le , où ils viennent de passer six semaines. Après tout, Élisabeth est toujours la reine du Canada.

Ce « retrait » fait déjà couler beaucoup d’encre et de vitriol. Ainsi, le New York Post, à sa une, titre « MEGXIT » et présente un photomontage du couple princier : elle en bigoudis et robe à fleurs ; lui, en slip, marcel, canette de bière à la main. Les gens sont méchants. Les Sussex n’en sont certainement pas encore là et ne devraient pas à avoir à traverser la rue pour trouver du boulot. Je dis ça, des fois qu’on s’inquiéterait dans les chaumières.

Une amie me suggère de terminer ce billet par un petit questionnaire de savoir-vivre, Nadoche de R. Pourquoi pas. Si c’est pour aider. Alors voici. En dans le Midi de la , vous poussez votre caddy en tongs, short et marcel dans le Super U du coin. Soudain, au rayon aliments pour chiens, vous croisez la reine d’Angleterre. Que faites-vous ? Réponse A : vous laissez tout tomber et entonnez « God Save the Queen ». Réponse B : vous faites le baise-main à la reine en l’invitant à partager un café au troquet d’en face. Réponse C : vous vous dites qu’hier soir, vous n’auriez pas dû forcer sur le pastis lors de la soirée au camping.

9 janvier 2020

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