Editoriaux - Politique - 24 juillet 2019

Greta Thunberg, symbole du jeunisme qui nous tue

invitée à l’Assemblée nationale pour transmettre à des députés qui les connaissent aussi bien qu’elle des données écologiques !

Certains se sont opposés à sa venue mais le grand mouvement qui la porte depuis des mois, alors que je ne doute pas de ses convictions ni du fait qu’elle est aussi un produit marketing, est révélateur d’une faiblesse politique plus générale. On a un pouvoir, des élus, députés, sénateurs qui, dépassés par la gestion d’une France et l’appréhension d’un monde qu’ils ne maîtrisent plus, cherchent désespérément des personnalités et des roues de secours (Le Figaro). Au besoin, on les invente, on les fantasme, on prend une immense quantité d’avenir pour le gage de l’intelligence et de la fulgurance !

Et quoi de plus rentable, aujourd’hui, et de plus démagogique que de jouer à se persuader que la vérité est à chercher du côté de ceux qui ignorent, sont sans aucune expérience et feraient mieux, comme l’a rappelé avec justesse Marlène Schiappa, de ne pas donner l’exemple d’une déscolarisation ! Du côté des élèves plus que des professeurs, du côté des barbouilleurs et histrions plus que des authentiques artistes et écrivains !

Mais Greta est jeune, et alors tout serait dit ! Mais ils ont la force de leur spontanéisme et tout serait à valider !

J’attends avec impatience l’émergence d’une classe politique et d’un pouvoir qui cesseront, de peur d’assumer leurs responsabilités, de tournicoter, de louvoyer, de piétiner sur le plancher national.

De cultiver le mi-chèvre mi-chou, de la gauche mais pas trop, de la droite mais modérément, du centrisme mais mollasson, de la pensée mais tiède, du caractère mais affadi, des non mais gangrenés par trop de oui, de la liberté à condition qu’elle n’offense personne, de Morano stérilisée par du Bussereau, de l’autorité mais point trop n’en faut, de la rigueur mais il ne faudrait pas décourager les délinquants, une lutte contre les violences qui se multiplient dans les services publics mais en réduisant plutôt les seconds que les premières, des lois mais il conviendrait de noyer les quelques rares nécessaires sous le flot des inutiles et dangereuses pour le commun des citoyens, de l’exemplarité mais en veillant à dégrader cette belle exigence en mettant sur le même plan le dérisoire et l’important et en confiant les clés de la pureté démocratique à quelques médias, de l’intransigeance républicaine mais de telle manière qu’elle demeure impuissante face à la dénaturation progressive, apparemment paisible mais redoutablement efficace de notre société et de son humus par une machine de guerre qui, bien plus intensément que le terrorisme ponctuel, fait mal à notre vivre ensemble, de la lucidité mais surtout à doses homéopathiques pour ne pas attrister les bonnes consciences et les aveugles, de l’action mais au ralenti, du verbe mais à condition qu’il endorme, du peuple mais il ne faudrait pas qu’il s’illusionne, de l’État mais pour qu’il répugne à être pleinement et totalement lui-même, une France mais si communautarisée qu’elle brade avec délice et comme consentante son unité, un pouvoir mais étrange puisqu’il s’acharne à être sévère pour l’accessoire et indifférent à l’essentiel.

Je pourrais continuer.

Les jeunes, la jeunesse et sa caricature – le jeunisme – sont évidemment une déroute. Le prétendu élan d’un univers qui tourne sur lui-même et tente désespérément d’échapper à ses devoirs.

La France a un goût de camomille.

Extrait de : Justice au Singulier

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