Discours - Editoriaux - International - Politique - 22 septembre 2017

Gollnisch contre Cohn-Bendit, le choc des titans ? 

Bruno Gollnisch est une des grandes figures de la droite nationale, au parcours haut en couleur : universitaire, docteur en droit international, avocat, ancien bras droit de Jean-Marie Le Pen, candidat malheureux à la tête du Front national, député du Rhône avant d’être député européen… 

Étudiant lors des événements de Mai 68, il s’oppose aux émeutes. Pour le cinquantième anniversaire, il propose à Daniel Cohn-Bendit, figure phare de l’extrême gauche, de se retrouver pour un colloque sur la révolution étudiante. Un moyen de clarifier les positions de chacun sur ces événements, avec le recul permis par le temps. 

Si l’invitation est acceptée, nous aurons l’occasion de voir deux faces de la France s’affronter. La France du réel contre la France de l’idéologie. Parce que c’est bien le rapport au réel qui différencie les deux ténors. 

Pour Gollnisch, les événements de Mai 68 ne sont que la prise de pouvoir d’une minorité marxiste et trotskiste extrêmement bien organisée. Maîtrisant très bien leur communication, un réseau d’étudiants politisés aurait utilisé quelques affaires, montées en épingles, pour faire basculer l’opinion de son côté. Une rhétorique simpliste et sophistique, la violence contre tout ce qui n’était pas eux, il donne une vision en parfaite rupture avec celle présente dans les manuels. 

Pour Cohn-Bendit, Mai 68 vient seulement consacrer un changement de mentalité, le révéler. La sexualité des jeunes aurait été bridée jusque-là, occultée (l’apostrophe au ministre Missoffe était sur ce thème), l’organisation de l’université se serait révélée liberticide, bref, dans tous les domaines, les jeunes voulaient se libérer et accéder à un monde sans contraintes. Pour y accéder, tous les moyens étaient bons. 

Cinquante ans après, qui avait raison ? Qui a réussi ?

Le bilan est mitigé dans les deux camps. Cohn-Bendit n’a pu voir la réalisation que d’une faible partie de ses revendications. Celui qui a reconnu dans ses écrits s’être fait déshabiller par des gosses et les avoir caressés n’a pas vu de dépénalisation de la pédophilie (revendication portée par le FLIP [Front de libération des pédophiles] dans les colonnes de Libé). Il n’a pas vu, non plus, de libéralisation de la drogue. 

Gollnisch, pour sa part, a vu l’effondrement des mœurs et des valeurs traditionnelles, la banalisation dans les discours et les actes de ce qui était considéré, il y a cinquante ans, comme des déviances. Il a vu l’accessibilité de tous à l’université, ainsi que l’effondrement de son niveau. Par ailleurs, il a pu constater un profond changement chez le législateur qui, depuis l’IVG, s’est senti un devoir de légiférer sur toutes les pratiques existantes pour leur donner un cadre légal : IVG, PACS, mariage homosexuel, PMA pour les couples hétérosexuels puis pour les homosexuels… 

Les deux hommes arrivent au crépuscule de leur carrière. Ils n’ont plus rien à prouver et peuvent parler franchement. Tous deux se sont toujours battus pour ce en quoi ils croient. Arriveront-ils à trouver un consensus ? Réponse en mai prochain.

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