Le sourcil froncé, la mine serrée, Bruno Le Maire est arrivé, ce mardi, à la tribune, pour dire qu’il ne laisserait pas s’installer la spéculation sur le prix des masques et gels, alors que ces produits flambent depuis le coronavirus. Sentencieux, le ministre a même parlé de saisine de la brigade de répression des fraudes. Le tout avec l’acquiescement de qui savent que ce de rodomontades plaît au public.

Mais de qui se moque-t-il ? D’abord, les prix sont libres, en , je ne vois pas à quoi aboutirait une enquête sur un délit présumé qui n’en est pas un. À moins qu’il ne se décide à soviétiser un peu plus une économie française qui, sur ce plan, est sur la bonne voie depuis trente ans. Ce qu’il a suggéré : il a menacé d’un possible encadrement du prix des produits concernés. Or, les prix montent parce qu’il y a pénurie. En cas de pénurie, soit c’est l’inflation, soit il y aurait des files d’attente interminables devant les pharmacies : si les prix étaient encadrés, c’est ce qui se produirait fatalement car il n’y a pas assez de produits en vente pour satisfaire la demande.

La cause de tout cela provient non pas de la cupidité ou la malhonnêteté des pharmaciens ou des vendeurs mais de l’incurie générale du modèle économique installé et promu par des gens comme Bruno Le Maire qui, en laissant la France et l’ se désindustrialiser, ont livré à la tous nos approvisionnements, y compris les plus sensibles, les plus vitaux, les plus stratégiques. Aujourd’hui, on ne sait même pas si on aura suffisamment de produits d’hygiène et de médicaments pour parer l’épidémie : le gouvernement a livré 15 millions de masques dans les pharmacies, il en faudrait en réalité 200 millions… D’autant qu’il ne réquisitionne pas la production des rares fabricants français, qui exportent vers une Chine elle aussi en rupture de stocks : pas question de toucher au sacro-saint libre-échangisme.

Mieux vaut s’en prendre aux revendeurs, qui ne font qu’appliquer la plus simple, la plus évidente, la plus incontournable des lois économiques : celle de l’offre et de la demande. Et mieux vaut faire de la com’ avec une bonne dose de démagogie, en ces temps de pénurie d’électeurs pour

5 mars 2020

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