Editoriaux - Justice - Polémiques - 14 janvier 2020

« Fuck le 17 » : un clip de rap à la gloire des émeutes du Nouvel An !

On connaissait le titre, devenu célèbre, du groupe de rap NTM « Nique la police », diffusé en 1993. Voici, désormais, « Fuck le 17 », à la gloire des incendiaires de la nuit du Nouvel An à Strasbourg. Exacerbée, exaspérée, « ma colère », comme chanterait Yannick Noah, n’a fait qu’un tour lorsque j’ai découvert ce titre sur YouTube, un clip de rap jetant de l’huile sur le feu, montrant des voitures en flammes, dont certaines images ont été visiblement tournées fin décembre à Strasbourg. Pendant plus de trois minutes, la vidéo compile de très nombreuses scènes de guérilla urbaine telles qu’en ont connu les Strasbourgeois au plus fort de la nuit du réveillon de la Saint-Sylvestre, avec un bilan – rappelons-le – estimé entre 220 et 300 véhicules brûlés dans les quartiers de l’Eurométropole.

Dans ce clip intitulé « Fuck le 17 », le rappeur 911 scande, entre autres : « Remplis le bidon d’essence, t’inquiète ce soir on fait l’affaire », « on fait la guerre jusqu’à Paris » ou encore « fais-le, y a personne qui nous dérange » et « retire ta caisse parce que ce soir on crame j’sais pas laquelle », le tout sur un fond d’images de voitures en feu, de jets de pétards et d’un homme tirant des coups de feu en l’air à côté d’un autre qui fait des doigts d’honneur.

« Fais-le, y a personne qui nous dérange », le rappeur ne croit pas si bien dire, quand on se rend compte, rétrospectivement, du peu de moyens engagés cette nuit-là en regard de ceux déployés tout le mois de décembre pour le marché de Noël… Le clip se moque ouvertement des forces de l’ordre dans le titre, puisque « Fuck le 17 » fait référence au numéro d’appel d’urgence de la police et de la gendarmerie, ou encore quand le rappeur répète deux fois « On fait cavaler les porcs… » On s’en est ému, paraît-il, en haut lieu, d’autant que la vidéo est accompagnée de la question : « Quel quartier français était le plus chaud cette année ? » Une enquête, confiée à la sûreté départementale du Bas-Rhin, « est en cours pour savoir dans quelles conditions ce clip a été réalisé », a indiqué une source policière aux Dernières Nouvelles d’Alsace : « L’infraction retenue à ce stade est provocation non suivie d’effet au crime ou délit par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique », des faits passibles de cinq ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende, a précisé de son côté le parquet de Strasbourg.

La candidate RN à la mairie de Strasbourg a, pour sa part, demandé l’interdiction de ce clip : « Il n’est plus admissible d’accepter les clips de rap en ode à la violence anti-policiers, anti-pompiers et glorifiant les émeutes urbaines. »

Entendu par les enquêteurs, le rappeur, ravi du buzz provoqué sur les réseaux sociaux, a été remis en liberté après son audition. Il sera cité devant le tribunal ultérieurement, selon la police… Avec un contrat chez Sony à la clé ?

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