Finalement, l’État reconnaît l’existence de « surplus » fiscaux sur le carburant
Un gouvernement dépassé par les événements. Alors que les prix à la pompe atteignent des sommets, l’exécutif ne semble plus savoir à quel saint se vouer. Faut-il geler les tarifs, débloquer les stocks stratégiques ou, encore, suspendre les certificats d'économie d'énergie, comme le suggérait à BV le spécialiste de l’énergie Philippe Charlez, il y a quelques jours ? C’est finalement une autre option qui a été retenue : réduire la dépendance de la France aux hydrocarbures importés. Mercredi 1ᵉʳ avril, Sébastien Lecornu a ainsi donné « instruction » à ses ministres d’identifier les actions prioritaires pour électrifier notre économie, en suggérant notamment de les financer par les « surplus » de recettes fiscales sur les carburants. Le Premier ministre demande au ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, « de travailler à une affectation des éventuels surplus de recettes fiscales liés à la hausse du prix des carburants pour financer les mesures prioritaires du plan d’électrification », selon le texte de ces instructions.
Sébastien Lecornu veut utiliser les "surplus" fiscaux sur le carburant pour financer l'électrification https://t.co/VuyryN9HgB
— franceinfo (@franceinfo) April 1, 2026
Dès la semaine prochaine, le gouvernement entend présenter un « plan d’électrification » destiné à réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles importées, dont les prix sont en forte hausse depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. L’exécutif a pour ambition de faire passer de 60 % à 40 %, d’ici à 2030, cette dépendance par l’électrification des transports, avec davantage de voitures électriques ou de bâtiments équipés de pompes à chaleur. « La question n’est plus que climatique, elle touche désormais à l’intérêt national », s’est justifié Sébastien Lecornu.
Lecornu donne le point au RN
Il existerait donc, bel et bien, des « surplus » fiscaux générés par la crise pétrolière actuelle... Le gouvernement avait pourtant juré ses grands dieux qu’il ne s’enrichissait pas sur le dos des automobilistes grâce au surplus de TVA encaissé à la pompe. « Je croyais qu'il n'y avait pas de surplus, moi ? », a ironisé Marine Le Pen, mercredi, appelant à nouveau le gouvernement à renoncer à ces recettes excédentaires en baissant les taxes. De son côté, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait elle aussi nié l’existence d’une quelconque « cagnotte » et assuré que les recettes fiscales supplémentaires liées à la hausse des prix des carburants ne représentaient pas « des milliards d'euros ». Une estimation erronée, selon le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale, Laurent Wauquiez, qui situe ce surplus « entre deux et trois milliards d'euros » depuis le début de la crise…
« Les parlementaires au service de l’État n’ont pas les moyens de calculer ce surplus, déplore Matthias Renault, député RN de la Somme, contacté par BV. Tout dépend de l’élasticité des prix des carburants […] Mais c’est déjà une façon de reconnaître qu’il y a bien des surplus fiscaux. C’est aussi une façon de faire passer l’idée que le surplus fiscal reste dans les caisses de l’État, car « l’électrification » est très large et cela prend plusieurs années. »
Laurent Wauquiez, avait assuré un peu plus tôt qu’il évaluait ce surplus «entre deux et trois milliards» d’euros depuis le début de la crise.
➡️ https://t.co/YCJB8chuBS https://t.co/YCJB8chuBS— Le Figaro Économie (@Figaro_Economie) April 1, 2026
À ce sujet — Flambée du prix des carburants : et si on suspendait les certificats d’économie d’énergie ?
L’annonce surprise faite par Sébastien Lecornu est également un coup dur pour l’espace médiatique. Depuis le début de la crise actuelle, la presse bien-pensante moque les propositions de Marine Le Pen et défend le gouvernement bec et ongles. « Ne croyez pas les trafiquants d’angoisses qui, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, accusent l’exécutif de s’enrichir sur le dos des automobilistes grâce au surplus de TVA encaissé à la pompe, écrivait encore l’Opinion, ce 1er avril, qualifiant le RN de « démagogue en diable ». La "cagnotte" est une fiction. » Une « fiction » qui va pourtant permettre de financer un plan d’électrification bien réel… Même déconvenue pour le service public qui, après avoir donné la parole aux détracteurs de Marine Le Pen, a bien été obligé de reconnaître que « la flambée du pétrole a rapporté un surplus de recettes à l’État »… Oups !
Il y a six jours, le JT de France 2 invitait le gouverneur de la Banque de France pour démentir Marine Le Pen, et contester que l’État allait engranger des recettes fiscales supplémentaires.
Il y a 2h, il annonce que l’État engrangera des recettes fiscales supplémentaires. pic.twitter.com/A08HcVbDgR
— Renaud Sand (@Renaud_Sand) April 1, 2026
« Avant de nous accuser de démagogie, ils feraient mieux de regarder ce qu’il se passe dans d’autres pays européens, rétorque Matthias Renault. Le plus spectaculaire a été l’Espagne, qui a procédé à une baisse de taxes assez substantielle, mais à partir d’un niveau qui était déjà plus faible que le nôtre. Donc, sauf à considérer que tous nos voisins sont démagos… » Au RN, plusieurs solutions à la crise sont avancées, comme la suspension des certificats d'économie d'énergie ou une éventuelle mobilisation des stocks stratégiques qui aurait pour but de peser favorablement sur le prix à la pompe. À bon entendeur.
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61 commentaires
Pour la plupart des travailleurs, les salaires sont trop bas en France. Alors l’électrification peut attendre. Ce n’est pas elle qui donnera du pouvoir d’achat aux Français. Vaste fumisterie qui ne servira que ceux qui en bénéficient d’ores et déjà. Qui a les moyens de s’acheter une voiture électrique si tant qu’elle représente un réel avantage écologique? On profite bien de ce moment d’une flambée des hydrocarbures pour faire payer ceux qui ne se sont pas pliés au tout électrique. Voilà la réalité.
Et si tout cela permettait d’écouler le stock de VE invendu ?
Cà a l’air de marcher, parait-il ?
Et si le prix de l’électricité suit celui du gaz, les gogos seront ceux qui auront investi chèrement dans leur achat, surtout de VE d’occasion dont il faudra rapidement changer la batterie et là, la note va exploser !
Plumer le contribuable est un vrai sport national et dire que less français vont en redemander en 2027.
Je confirme.
Nous disposons de réserves réparties sur 89 sites représentant quelques 13,2 millions de tonnes de brut et de carburant, c’est-à-dire environ 4 mois de consommation. Le problème est que ces stocks appartiennent à la SAGESS dont les actionnaires sont les raffineurs et les distributeurs, et non pas à l’État. Cette Société a donc intérêt à acheter du pétrole au prix fort et à augmenter ses marges à la « revente », plutôt que de laisser fondre les stocks pendant quelques temps. Pour le consommateur cela revient au même que si nous n’avions aucun stock. Et cela fait aussi l’affaire de l’État dont les taxes augmentent mécaniquement. Une autre solution permettant de faire baisser la facture serait de changer de fournisseur en acceptant l’offre de la Russie, d’autant que l’un des gazoducs que n’ont pas fait sauter les Anglos Américains est toujours en état de fonctionner. Évidemment çà ne ferait pas très plaisir à TRUMP, qui préfère nous vendre son pétrole, et encore moins à notre ami ZELENSKY. Mais, là encore, quels intérêts veut-on protéger ?
Outre que nos gouvernants sont des menteurs jamais mis en cause par une presse aux ordres, ils démontrent là encore leur incompétence. En effet, comment peuvent ils croire que les français vont remplacer leur voiture thermique par une électrique et abandonner leur chaudière par une pompe à chaleur. Ce sont ils seulement posé la question de savoir où les français trouveront l’argent qu’ils n’auront plu?
Où il est possible de constater la rapidité d’adaptation de lecornu à l’évidence. Les français sont écrasés de taxes en passant à la pompe de carburant, entre autres, mais pas question de toucher à ces taxes. Il est préférable de les réorienter vers un programme d’électrification à long terme, qui aura pour vertu, non pas d’alléger les dépenses en carburant des français, mais de remplir les poches des petits copains, et de maintenir les accords passés avec les socialos. Et comme d’habitude, le moment venu le pognon aura été dilapidé, et il faudra créer une nouvelle taxe pour financer d’autres éoliennes qui ne produiront pas. En France, cela s’appelle l’état, ailleurs cela pourrait s’appeler escroquerie.
Un c’est tellement évident que vouloir le nier revient à passer pour une marionnette !
Deux pour une fois que le budget pourrait être un peu moins déficitaire il faut que des bas du front cherchent tous les moyens pour augmenter les dépenses !
Je ne pense pas qu’il faille être un grand « matheux » pour faire le calcul !! Une bonne vieille règle de trois si l’on connait les volumes de carburant distribués !!
La baisse des taxes vas manquer quelque part, surtout si l’argent supplémentaire de ces taxes pourrait éventuellement baisser l’endettement ce serait une bonne affaire mais c’est pas prouvé,
Une baisse des taxes par un arrêt des subventions a des associations et aux ONG avec une remise en question des aides aux développement a des pays étrangers là est la solution, une occasion pour assainir le budget Français a demeure.
D’accord à 200% !!
On a vraiment un gouvernements de pieds nickelés et de guignols.
Depuis le temps qu’ils veulent faire le forcing pour les VE et les éoliennes, sans grand succès d’ailleurs, voilà que la crise actuelle leur donne un coup de pouce inespéré.
Mais quand tous ces abrutis de droite formeront-ils une coalition pour blackbouler ce gouvernement et l’autre grand fléau qu’est Mélenchon ?
Et pendant ce temps notre top gun parcourt le monde pour prêcher sa bonne parole et montrer qu’il est un président branché.
« L’électrification », c’est bien le recours à cette énergie dont le prix, grâce à ce merveilleux marché européen de l’électricité, est indexé sur celui du gaz, c’est bien ça, n’est-ce pas ? Et le gaz, c’est bien ce que l’on a décidé de ne plus acheter au Russes et aussi ce qui ne parvient plus à passer le détroit d’Ormuz, donc cette énergie dont la disponibilité est moindre et dont le prix s’envole, c’est juste ? Ceci étant dit, il ne reste donc plus qu’à essayer de trouver une logique économique à cette « électrification » qui, sur les bases actuelles de sa tarification, ne réglera absolument rien des problèmes liés à l’envolée des prix des hydrocarbures.
Eh oui… Qui plus est, les recettes supplémentaires via les taxes sur les hydrocarbures risquent d’être moins importantes que prévu, si les automobilistes, de gré (par souci d’économie) ou de force (suite à la pénurie), réduisent leur consommation de carburant.
Tant qu’il y sont, ils peuvent nous avouer que la pluie mouille.
Pas sûr…
Je vous mentais,je vous mens et je vous mentirai. Nous sommes dirigés par des ennemis de motte pays.
A force d’axer tout leur discours sur la lutte contre le RN, les politiques de tous les autres bords finissent par passer pour des andouilles, menteuses et inconséquentes.
Il est bien connu que lorsque le prix du pétrole augmente, les caisses de l’état de remplissent. On appelle cela un choc pétrolier. Depuis le choc pétrolier des années 70, les caisses de l’état n’arrêtent pas de se remplir. Cela va déborder .
On peut aussi penser qu’il va y avoir une crise, la consommation baisser avec l’inflation, et le déficit de l’état augmenter. Dans ce cas il ne faut réduire les taxes sur le pétrole sans crainte budgétaire.
Comme je disais la semaine dernière, nos dirigeants utilisent la fenêtre d’opportunité du conflit au Moyen-Orient pour forcer les gens à passer aux voitures électriques et l’édification d’éoliennes partout. Cette crise n’est qu’un prétexte.