Editoriaux - Polémiques - Télévision - 21 mai 2017

Faut-il virer Cyril Hanouna ?

C’est, en tout cas, ce que réclament plus de 6.500 personnes. Cette colère n’est pas motivée par la médiocrité de son émission mais par la supposée “homophobie” qu’il y propagerait.

C’est une séquence diffusée le jeudi 18 mai qui fait grincer des dents : un canular monté par l’animateur afin de “piéger” des homosexuels en direct. Inscrit sur un site de rencontre gay sous le pseudonyme de Jean-José (portrait stéréotypé du gay maniéré et aguicheur), il appelle en direct les personnes qui ont répondu à son annonce et leur parle d’une voix efféminée, les amenant à dériver vers des sujets sexuels très crus sous le regard hilare des autres chroniqueurs et du public.

Le soir même, des internautes scandalisés montent au créneau sur les réseaux sociaux : “J’ai passé une heure à déconstruire les clichés homophobes devant mes élèves, merci Hanouna de tout foutre en l’air”, déplore un enseignant sur son compte Twitter, oubliant qu’un professeur est payé pour instruire et non pour laver le cerveau de ses élèves. Un autre dénonce la “banalisation des clichés homophobes”. Un troisième réclame des “sanctions exemplaires” contre l’animateur.

Le CSA, vestale du petit écran, a ainsi été saisi par 6.500 âmes sensibles à la délation facile. Face à ce torrent de reproches, l’incriminé s’est justifié le lendemain en déniant toute accusation d’homophobie, déclarant – les yeux en larmes – qu’il menait “depuis toujours” le combat contre la haine. “C’est à l’opposé de ce qu’est TPMP [Touche pas à mon poste !], c’est une émission du vivre ensemble”, a-t-il insisté.

Des regrets insuffisants pour les intransigeants de la bien-pensance comme Joël Deumier, président de SOS Homophobie, qui a notamment reproché à Hanouna de “réduire l’homosexualité au sexe” (sic !), l’accusant de véhiculer des clichés sur les homosexuels. “L’homophobie, ça va du simple regard, de la simple remarque, de la simple blague à des actes plus graves comme le meurtre”, conclut-il sentencieusement.

Qu’une émission aussi conformiste et bien-pensante que TPMP soit accusée d’homophobie par des bien-pensants encore plus radicaux et par 6.500 délateurs désœuvrés, cela montre que l’entreprise de lavage de cerveau (dont est pourtant un rouage) marche si bien qu’elle finit par le dépasser et se retourne à présent contre lui, qui se voit classé au rang de ceux qu’il combat : les réacs, les fachos, ceux qui ont la “rassrah”, pour reprendre un de ses termes. Voilà qui rappelle ces jeunes Chinois des années 60 qui, ayant grandi dans la propagande communiste forgée par leurs pères, en vinrent à accuser ces derniers d’être des bourgeois rétrogrades. Les subversifs d’aujourd’hui sont les réacs de demain…

Nicolas Canteloup avait suscité un tollé similaire en février, suite à un sketch sur l’affaire Théo. L’humoriste s’était alors vu accusé d’homophobie… On observe, en effet, au sein du PAF, une recrudescence de polémiques et de plaintes qui empoisonnent l’humour en le soumettant au corset des minorités et des duègnes de la pensée unique. Si nous ne goûtons que peu aux blagues crasses et souvent débiles de ces animateurs, leur renvoi pour une prétendue “homophobie” serait une atteinte flagrante à cette liberté d’insolence dont notre pays se veut le champion.

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