En Belgique, on s’en prend aux statues chrétiennes… mais pas à l’islam

Le pacifisme du christianisme offre un exutoire à des « humoristes » sans talent ni courage.
Capture d'écran Studio Brussel
Capture d'écran Studio Brussel

L’affaire fait grand bruit, actuellement, en Belgique. Diffusée le 19 janvier dernier à l’antenne de Studio Brussel, une vidéo montre plusieurs animateurs radio fracasser rageusement une statue de Jésus ainsi qu'une représentation de la Vierge à l'Enfant. Cette séquence s’inscrivait dans un concept dit de « rage room » : des auditeurs étaient invités à envoyer un message pour exprimer leur frustration et les animateurs se chargeaient de casser un objet à leur place pour se défouler et chasser la déprime du « Blue Monday »

Présentée comme une séquence humoristique, la scène a profondément choqué. D’autant plus qu’elle était diffusée sur une radio financée par des fonds publics. « Ce passage était particulièrement déplaisant, a réagi Cieltje Van Achter, ministre flamand des médias et de Bruxelles. La chaîne dispose d'une autonomie éditoriale. Mais cette autonomie ne dispense personne de ses responsabilités ni du respect. » De son côté, le diffuseur flamand VRT a réagi par la voix de sa porte-parole, Yasmine Van der Borght, en évoquant un sketch « mal évalué » par leurs auteurs : « Ils ont sous-estimé à quel point les symboles religieux peuvent être sensibles. Ils comprennent que cela a été blessant pour certaines personnes et feraient d’autres choix aujourd’hui. »

Contactée par BV, l’anthropologue Fadila Maaroufi confirme que ce média du service public est « très connu » en Belgique. « Détruire une statue de la Vierge et de Jésus devant une caméra, sous l’œil d’une caméra pour la VRT, chaîne du service public flamand, en invoquant, bien sûr, la liberté d’expression. Jusque-là, rien de nouveau sous le soleil occidental : la provocation artistique s’exerce depuis longtemps sur un terrain balisé, familier, presque confortable… »

L’illustration de la déchristianisation

Si les animateurs ont fini par admettre leur erreur et reconnaître qu’ils n’auraient jamais dû diffuser une telle séquence, leur premier réflexe avait été tout autre. Interrogés par le journaliste irlandais Colm Flynn, les animateurs avaient tout d’abord tenté de minimiser la gravité de leur geste en affirmant que la Belgique n’était « pas un pays très religieux ». Ils avaient expliqué qu’ils se considéraient eux-mêmes comme catholiques, comme si cette appartenance leur conférait une forme de légitimité pour poser ce geste, au nom d’une prétendue auto-critique. Un argument qui ne fait qu’aggraver la portée de l’acte, révélant une inquiétante propension à la destruction de sa propre identité. « En s’attaquant à ces symboles, ce ne sont pas seulement des figures religieuses qui sont visées, mais une part du socle culturel européen lui-même », analyse Fadila Maaroufi.

Cette scène est en réalité hautement métaphorique : des jeunes gens qui se divertissent en saccageant et profanant les symboles mêmes de leur civilisation, dans de grands éclats de rire. De quoi donner du grain à moudre aux islamistes qui voient en l’Occident un monde affreusement décadent…

La victoire des violents

Il se trouve en effet qu’on ne se moque pas impunément de tous les croyants et les « humoristes » de la radio belge l’ont bien compris. Au micro de Colm Flynn, les animateurs ont reconnu qu'ils n'auraient pas posé le même geste envers d'autres religions, notamment l’islam. Ils ont estimé qu'une telle initiative serait « inappropriée » voire « dangereuse ». La rédaction de Charlie Hebdo, notamment, peut effectivement témoigner de la susceptibilité pour le moins explosive de certains musulmans radicalisés.

Cette affaire en dit long sur ces humoristes qui pondèrent leurs blagues en fonction du niveau de violence de leurs cibles. Leur pseudo-« respect » n’est qu’une variable conditionnée par la peur et non plus un principe moral universel. Pendant ce temps, ils donnent libre cours à leurs pulsions agressives aux dépens de la seule religion que l’on peut tranquillement insulter et profaner, précisément parce qu’elle ne répond pas par la violence. « Ce que révèle cette scène n’est pas un courage, mais son contraire : une transgression à sens unique. On s’attaque à ce qui ne répond pas. On provoque ce qui ne riposte pas. On déconstruit ce qui tolère encore d’être déconstruit, nous explique Fadila Maaroufi. Le christianisme, devenu culturellement désarmé en Europe, offre un terrain idéal. Aucun danger réel, aucun coût personnel. La provocation y est devenue une routine, presque un réflexe. » Quitte à saper toujours davantage les fondements de notre civilisation.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

44 commentaires

  1. Quand ces animateurs déclarent que la Belgique n’est « pas un pays très religieux», on se demande s’ils sont déjà allés à Bruxelles ? Évidemment ce n’est pas la religion catholique qui submerge la capitale de la Belgique et de l’Europe.

  2. La lâcheté de ces  » humoristes  » ne leur permet pas de se défouler avec des objets, des coutumes, des superstitions, des lieux ou des monuments liés à l’islam. Ils connaissent la sanction et veulent l’éviter.
    Avec les chrétiens, rien à craindre…

  3. Quitte à saper toujours davantage les fondements de notre civilisation.
    #
    Toujours pas compris que c’est le but?

  4. Ce qui a fait l’occident est piétiné par des incultes abreuvés de discours stériles. Si ces animateurs se sont livrés à ces actes, c’est que leurs aînés ont failli dans leur devoir de transmission. Plutôt que de nous lamenter, agissons. Allons fleurir nos églises, exigeons de nos dirigeants de ne plus dénigrer les valeurs chrétiennes et notre héritage culturel. Et à défaut, remplaçons les par ceux qui ne veulent pas que l’occident meure.

  5. Je suis belge, quels sont les noms ‘ cet article qui ne mentionne aucun nom (??!!) de ces « humoristes », afin que mon entourage et moi-même les boycottons.

  6. Pour l’aspect technique il faut savoir que l’affaire n’a fait aucun bruit en « Belgique »puisque le Belge francophone ne regarde pas la télé flamande et le contraire n’est pas de même car les Flamands connaissent très souvent le français au contraire des Wallons qui ignorent le Flamand. On explique bien dans l’article d’où viennent les réactions, c’est en Flandre.
    Sur le plan sociétal, s’attaquer à une organisation, une personne, une religion qui ne réagit pas, se laisse faire, en demande encore, plutôt qu’à une secte qui trucide celui qui ose faire une remarque, c’est humain, mais le problème avec l’absence de réaction et c’est valable en général, c’est que l’audace et l’insulte augmentent en puissance jusqu’au point fatal, l’assassinat d’un innocent. Et si en plus il n’y a pas ou peu de poursuites, c’est encore mieux, Oumar devient Oscar,en plus !

  7. C’est l’ éducation qui manque de plus en plus dans toute l’ Europe , même chez les musulmans qui devraient savoir que Marie est bien plus respectée dans le Coran que dans le nouveau testament .

    • dans le coran il y a le politique et le rligieux : nos énergumènes voilées ou en qamis : c’est du politique, le coran religieux, ils ne savent même pas le lire, alors pensez ! donc !

  8. Il n’est pas suffisant de reconnaître ses erreurs, ces vandales devraient payer de leur poche pour remplacer ces statues. Tant qu’on a un antipape au Vatican, il ne faut s’étonner de rien. Il faut que les catholiques redeviennent catholiques, il y va du salut de leur âme.

  9. Les 3 anti-chrétiens qui ont massacré les statues du Christ et de la Sainte vierge doivent en répondre devant la justice.

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