Emmanuel Macron se regarde (encore) le nombril

Un long entretien complaisant sur Brut, guidé par une perpétuelle autosatisfaction.
Capture d'écran CNews
Capture d'écran CNews

Le président de la République a une nouvelle fois décidé de casser les codes pour tenter de donner une leçon de jeunisme en accordant au média progressiste de gauche Brut un entretien. Entre autosatisfaction et leçons de morale, Emmanuel Macron est apparu fidèle à lui-même : en décalage, sur une autre planète.

Disparus, les résultats économiques désastreux et la dette abyssale ; oubliées, l’insécurité galopante et la progression affolante de l’immigration massive ; inconnue, l’instabilité politique majeure qui obère toute réforme. Le président de la République vit dans le meilleur des mondes dans lequel il tient bien évidemment le premier rôle. Dans l’entretien accordé au média Brut mis en ligne ce 5 février, Emmanuel Macron distribue les satisfecit à sa propre personne. Répondant en mode « cool », à moitié avachi, aux questions de jeunes collégiens et du journaliste Rémy Buisine, le locataire de l’Élysée dresse un constat implacable : « Ça fait 9 ans que je suis là, c’est long, pour les gens. » Tout sourire, le chef de l’État développe : « On a épousé une époque ensemble, c’est chouette, c’est la vie. »

« La France de Macron »

Pour expliquer un phénomène répandu sur les réseaux sociaux où des montages vidéo montrent les difficultés de tous ordres qui touchent les Français au quotidien sous le qualificatif « la France de Macron », l’ancien ministre de l’Économie semble se réjouir d’un bon vieux temps. Comme lorsque deux anciens copains de classe se retrouvent et reviennent sur l’époque bénie de leur jeunesse. « Ce que veut dire cette expression c’est qu’on a quand même traversé de drôles de périodes, les gilets jaunes, la pandémie, la guerre en Ukraine, les troubles géopolitiques, le Groenland, l’inflation, et j’en passe, mais à la fin, on a quand même bien tenu, quoi, on l’a fait. » On ne sait pas trop à quoi pense Emmanuel Macron, ni ce qu’il estime « avoir fait ». Son inspiration provient peut-être des records d’impopularité qu’il bat, comme le sondage Ipsos publié par La Tribune du Dimanche, il y a 15 jours, qui lui accorde 79 % de jugements défavorables.

Un point a été remarqué dans cet entretien d’une heure où « le Mozart de la finance » a pu dérouler ses propos sans contradictoire ni contradictions : celui de l’accès aux réseaux sociaux. Dans sa guerre contre ces derniers, il annonce que bientôt, grâce à la Commission européenne, « quiconque va rentrer sur les réseaux sociaux, on vérifiera son âge, comme on l’a fait pour les sites pornographiques ». Un « identifiant » ou un contrôle par intelligence artificielle qui détectera les traits du visage ou les mouvements de la main deviendra nécessaire pour se connecter à un compte. Le but d’une telle mesure est la protection des mineurs, et l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, un projet de loi qui fait consensus à l'Assemblée, sera bientôt adopté.

Une « dérive autoritaire très inquiétante »

Ce phénomène d’identification pourrait-il mettre fin à l’anonymat sur les réseaux et revenir à contrôler, en substance, les contenus et leurs auteurs. Un enjeu de taille puisque, comme le rappelait le ministre de la Culture auditionné mercredi par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, « plus de 68 % des Français s’informent sur les réseaux sociaux ». Sur X, le député RN Guillaume Bigot s’est alarmé d’une « dérive autoritaire très inquiétante ». « Alors qu’il existe des solutions simples pour protéger les enfants des réseaux sociaux, comme un contrôle parental automatisé et dynamique, explique le député de Belfort, Emmanuel Macron veut fliquer tout le monde alors qu’aucun outil n’a été voté. » Dans le même entretien, le président de la République a aussi annoncé la création d’un groupe d’experts qui doit travailler sur la question de l’interdiction de jeux vidéo, notamment violents, pour les mineurs de moins de 15 ans.

Il s’est exprimé, par ailleurs, vis-à-vis du rythme scolaire privilégiant des journées plus courtes pour les élèves et, en contrepartie, des vacances moins nombreuses.

Emmanuel Macron quittera l’Élysée au printemps 2027. Faisons-lui confiance pour redoubler d’ingéniosité dans cette dernière ligne droite. Comme le dit si bien le chef de l’État lui-même, un an, « c’est long, pour les gens ».

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

108 commentaires

  1. Il a beau se cacher la face derrière une paire de lunette, on l’à reconnu, pas que physiquement, aussi verbalement.
    Autosatisfaction ce qui lui reste gratuitement mais surtout mal venu, après avoir détruit la France qu’une petite partie de nos citoyens lui a confié, pour beaucoup enfin regrettent amèrement, a l’occasion de quelques extraits de son discours, il annonce que grâce a lui et quelques autres la France a su résister,
    Alors se pose la question, a qui la France a su résister? C’est pas évident, à l’Europe ? à l’Algérie qui nous coute pas loin de 9 milliards par années que l’argent des Français dépensent pour ce pays sans qu’on leur demande leur avis et que nous sommes obligé emprunter ? sans parler des sommes faramineuses envoyés a des pays sous formes d’aide au développement réduisant le notre a une peau de chagrin.
    Vue l’état que se trouve notre économie obligé de vendre notre patrimoine pour une assiette de lentilles canadiennes a fin de payer nos obligations inutiles, on cherche en quoi Macron a su résister.

  2. Il est peut être légitime qu’il soit content de lui, tout dépend de l’objectif qu’il avait en arrivant au pouvoir. Si son objectif était d’affaiblir le pays, seul véritable frein à l’Europe fédérale, alors « il l’a fait ! »

  3. Il est content de lui et bien au moins un en France qui est satisfait de la situation… « Pôvre France » et il a été élu 2 fois ??

    • Imaginez la bêtise de beaucoup d’électeurs ? et en 2027 les35 % qui ont l’intention de voter pour un candidat aussi jeune, peut être moins machiavel, mais qui réfléchit ? lui donner les rennes de la france en le nommant chef des armées autorisé au bouton nucléaire !! Faut il être !!! Il n’était même pas capable lorsqu’il était député UE d’assister aux séances et on le surnomait « Bardnépaslà » vérifiez !! Avec le contexte international actuel posez vous les bonnes questions? pas étonnant que la magistrature gauchiste veuille évincer MLP !!

  4. Pas besoin de parler de Macron qui aura été le pire président de la gauche bien qu’il s’en défende, en aucune façon il faut lui faire la publicité pour son inutilité et son mépris pour ce pays qui le paie grassement, dans un an notre France n’existera plus elle sera islamisée par tous ces voyous qui nous gouvernent.

  5. Macon toujours dans le paraître pour cacher le désastre de sa politique, le déclin, l’effondrement , …de la France. Ah ! il peut être fier le « Toquart de la Finance’ » La dépense publique représente 58% du PIB. La dette va dépasser 118% du PIB (3400 milliard) . La France est classée 63e dans l’indice de liberté économique. Déjà en 2025 elle ne figurait ni dans le top 20 mondial ni dans le top 20 européen. Elle se classait au 62e rang mondial, derrière les Bahamas et devant le Guatemala, et au 32e Européen, derrière la Serbie et devant la Bosnie-Herzégovine. La France est désormais plus pauvre que Chypre ou la Belgique, Ce budget qui vient d’être adopté est complètement dingue : socialo-coco, que des surcharges fiscales et sociales… écoeurant ! Les incapables économiques qui nous gouvernent continuent à dépenser , comme si la dette n’existait pas comme si il n’y avait pas de déficit, comme si les finances publiques étaient solides . Ils distribuent toujours et encore plus un pognon de dingue, les factures à régler ce sera pour la saint glin glin et le pompon pour financer tout ça, nos bons dirigeants choisissent la facilité : taxer davantage l’appareil productif, jusqu’à brandir un taux de 36.13 % sur les grandes entreprises quant à, Nicolas il est racketté quasiment de 50% de ce qu’il gagne. Le résultat avec tout ça, toujours moins d’investissements, moins d’emplois, plus de capitaux qui fichent le camp MERCI MACRON

  6. Et dans un an, quel sera l’état de la France ?
    Aura-t-il rempli son contrat d’avoir détruit notre beau pays, en long, en large et en travers… ?
    Après avoir récemment renoncé à la souveraineté militaire en vendant une entreprise vitale (1 de plus…) aux américains, dans cette ligne de conduite il ne va pas tarder à partager l’arme nucléaire avec les allemands (et peut-être d’autres) de même que le siège de la France au conseil de sécurité…
    Pas grave, il y a encore 20% de français qui le trouve bon !!!

  7. pas 15 ans c’est mineur donc pas bien ! les lunettes comme sarko paraitrez que l’un a déjà 500 million a son compte et l’autre ?en tout cas tous deux aiment bien invitation b a bon chic bon genre normale .c’est pas une critique ni quoi que ce soit .

  8. Article sans intérêt, Monsieur Sévillia. Il doit partir dans un peu plus d’un an. On compte les jours et on doit penser à la relève, qui entre nous n’est guère brillante, si l’on ne s’intéresse pas aux vrais souverainistes.

  9. Encore 15 mois à devoir supporter ce Narcisse ivre de sa propre personne, préparons le goudron et les plumes, forcheur!

  10. On attend les prochaines révélations d’Epstein sur les mondialistes et leur connivence . Bizarre tous ces suicidés qui ont les pieds qui touchent terre .

    • Est ce qu’on va nous le dire. Je compte vraiment sur ceux qui savent car il y a urgence à décrotter les porcheries.

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