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Coronavirus - Editoriaux - Politique - 14 avril 2020

Emmanuel Macron joue sur la confiance

J’ai écouté Emmanuel Macron, une fois de plus… La gravité de la situation et l’annonce des mesures décidées ou à venir ne justifient pas, à elles seules, ses longues interventions répétitives.

Quel est le but réellement poursuivi par notre Jupiter ?

Il utilise tous les ressorts de la confiance, apparemment pour la bonne cause, celle de la victoire dans la guerre déclarée à un ennemi invisible, même si ce n’est pas toujours avec succès.

Voyons un peu.

La transparence. Or, celle-ci produit en réalité l’effet inverse, la transparence entretenant la défiance qui se nourrit des soupçons qu’elle accrédite…

L’intervention des spécialistes. Leur utilisation est une tentation évidente. Sauf que ces derniers ne sont jamais unanimes. Nous le voyons avec les débats provoqués par les tests, les masques, les traitements…. Il faut se souvenir de cette déclaration de Clemenceau pour qui « la guerre [était] une affaire trop sérieuse pour la confier à des militaires ». Le politique ne peut se retrancher derrière l’avis des spécialistes.

L’autorité et la décision. Oui, mais à la condition que la décision soit la bonne et qu’on ne revienne pas dessus en permanence. À défaut, c’est le discrédit assuré. La décision est une arme à un seul coup. Demandez aux militaires…

Difficile entreprise, donc.

La confiance serait-elle le nécessaire prix à payer de nos sociétés libérales, démocratiques et ouvertes ? Une sorte de point de passage obligé ?

Elle est, sans conteste, le moteur essentiel de l’aventure humaine, individuelle comme collective. Un lien qui se construit sur une forme de foi, c’est-à-dire sur la conviction, pour ne pas dire la certitude, que celui ou ceux qui nous conduisent ont raison. Cette prescience qu’ils font les bons choix, même si ce n’est pas toujours le cas… Car, si la confiance est nécessaire à la victoire, elle n’en est pas la garantie. Sauf que si les choix ne sont pas bons, les échecs déclenchent la peur du peuple qui rompt le cercle vertueux de ladite confiance…

J’ai cependant la faiblesse de penser que, pour nos gouvernants modernes, elle est plutôt en priorité la condition nécessaire de leur maintien au pouvoir. Emmanuel Macron n’est-il pas, d’ailleurs, en train de nous préparer à des mesures qui reposeraient plus sur le postulat de la défiance que sur celui de la confiance chère à nos démocraties avancées ? Pas si nécessaire, alors, la confiance ? Mais si elle est nécessaire pour se faire élire… D’où la pédagogie hebdomadaire de l’action ! À l’instar de ses prédécesseurs, Emmanuel Macron ne confond-il pas le pouls du pays avec le baromètre de sa popularité ?

Oublierions-nous que nous sommes aussi déjà en préparation de la future campagne électorale que la crise du Covid-19 bouleverse et dont elle rebattra toutes les cartes si, comme on nous l’annonce, demain rien ne sera comme avant ?

Le blog de Bernard Hawadier.

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