Editoriaux - Politique - 27 mai 2019

Élections européennes : victoire à la Pyrrhus

« Encore quelques victoires comme celle-là, et il sera bientôt défait », disait-on sur le champ de bataille de Pyrrhus face à une armée romaine vaincue mais qui, à chaque fois, reconstituait ses légions, toujours plus fortes.

C’est un peu la situation du Rassemblement national et du camp patriote au lendemain de ces élections européennes. Certes, la liste menée par Jordan Bardella arrive en tête avec 23,31 % des voix, mais lorsqu’on regarde le reste… Que le report de voix en vue d’un deuxième tour serait mince ! Les Républicains, ou plutôt ce qu’il en reste, quand bien même redirigeraient leur vote, ne font plus que 8,48 %, Debout la France 3,51 %, Philippot moins de 1 %.

À côté de ce bloc, la liste du pouvoir sauve les meubles : 22,41 %. Après deux ans de pouvoir, après six mois de manifestations des gilets jaunes, ils maintiennent un score proche de celui du premier tour de la présidentielle, ce qui les confortera pour la suite du quinquennat.

Plus encore, lorsque l’on cumule les scores des écologistes à plus de 13 %, La France insoumise, les socialistes et les communistes, cette ligne clairement immigrationniste, très conciliante à l’égard de l’islamisme, totalise plus de 55 % des voix. Les attentats et les agressions quotidiennes n’y auront rien fait ; pour une grande partie des Français, « le mal » est toujours à rechercher vers « l’extrême droite ».

À l’échelle européenne, malgré quelques bons scores des populistes en Italie, en Pologne, en Hongrie ou au Royaume-Uni, la tendance globale est à un équilibre précaire qui aboutira sans doute à des compromis toujours aussi difficiles, sauf pour établir une politique aussi laxiste concernant les flux migratoires.

Il y a donc de fortes raisons de penser que l’immigration massive se poursuive dans les années à venir (plus de 400.000 immigrés chaque année). Une partie de ces populations viendra alimenter un vote « progressiste » dans les années à venir… Alors, certes, il reste 50 % d’abstentionnistes, mais en l’état des choses, Emmanuel Macron peut entrevoir avec sérénité les élections présidentielles de 2022 avec un nouveau face-à-face avec Marine Le Pen et une large réélection jusqu’en 2027.

L’avenir reste toujours incertain, la confusion reste grande pour nos contemporains et, parfois, une personnalité charismatique réussit à tout entraîner sur son passage et à passer au-dessus des partis et des calculs rationnels. Espérons-le, et rapidement, car si les choses se poursuivent en l’état, la France de demain sera inéluctablement multiculturelle.

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