[EDITO] Gérald à la une de Paris Match : Demain Darmanin ?

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Faire la une de Paris Match, c’est en quelque sorte se voir concéder le privilège de monter dans les carrosses de la notoriété. L’assurance pour l’impétrant que sa bobine, à la longue plus ou moins écornée, traînera plusieurs années sur la table basse de la salle d’attente du dentiste entre un vieux Madame Figaro et un magazine de jardinage. La gloire, en somme ! Et ces honneurs viennent d’être accordés à Gérald Darmanin à l’occasion d’un long entretien donné à Laurence Ferrari.

À la fois aux affaires de la France et en famille...

La photo de la première de couverture ? Le ministre de l’Intérieur derrière son bureau de la place Beauvau avec son fils sur les genoux. Cela ne vous rappelle rien ? Évidemment que si : Nicolas Sarkozy en 2002 lorsqu’il occupait le même poste. Son fils Louis n’était pas sur les genoux de son père mais sous le bureau, comme le fils du président Kennedy en 1963. On ne réinvente pas grand-chose. La table de travail a changé, le fauteuil aussi ; on a interchangé les places des drapeaux français et européen (mais on ne l'a peut-être pas fait exprès), peut-être plus de dossiers et de parapheurs sur le bureau de Darmanin, mais sinon, c’est la même idée, le même message que l’on veut faire passer : à la fois aux affaires de la France et en famille. Généralement, c’est un truc qui plaît, à droite. Ça tombe bien : la France penche sacrément à droite. Le message est clair : Darmanin, avec ses gros sabots, s’inscrit dans les pas de Sarkozy, son mentor. Les pas, on a dit, pas les faux pas qui se terminent avec un joli bracelet à la cheville ; en tout cas, c’est ce qu’on souhaite au « premier flic de France ».

Oui, le message est clair : Darmanin n’a pas l’intention de faire de la figuration. Un mois et demi après la nomination de Gabriel Attal qui était censée nous époustoufler et qui s’essouffle déjà, et moins de trois après le pataugeage de la loi Immigration, qui ne restera pas le moment le plus glorieux de la carrière du locataire de la place Bauveau, il est temps d’envoyer une carte postale aux Français, plus particulièrement ceux de droite, pour rappeler qu’il existe. Qui il est, aussi, en fendant l'armure, comme on dit. Il faudrait être complètement nunuche pour ne pas saisir ce message en cette période où la Macronie finissante, malgré les trois ans qu’il lui reste à tirer, se cherche un second souffle et surtout quelqu’un pour l’incarner : voir le manque de volontaires pour monter au front des européennes en casoar et gants blancs et prendre le risque de se prendre une dégelée en rase campagne.

Certes, la photo est jolie...

La photo est jolie et même sympathique, mais, maintenant, une une de Paris Match ne fait pas forcément une élection présidentielle, surtout à trois ans de l’échéance. Car c’est forcément à cela que Darmanin pense en signant ses parapheurs. Et puis, derrière la couverture de papier glacé, il y a le bilan. Un bilan qui « glace le sang », et pas pour faire semblant, comme Benoît Payan, maire de Marseille, réagissant à la présence de Marine Le Pen à la panthéonisation de Missak Manouchian ! Ce bilan, qui est celui d’Emmanuel Macron et forcément de Gérald Darmanin, c’est évidemment celui de l’insécurité, de l’immigration incontrôlée. Effectivement, Gérald Darmanin s’inscrit dans les pas de Nicolas Sarkozy en nous faisant le coup du bureau. Sarkozy qui n'avait rien trouvé de mieux, une fois passé dans le bureau de l' Élysée, que de nommer des ministres de gauche. Alors oui, la photo est jolie...

Georges Michel
Georges Michel
Editorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

72 commentaires

  1. Encore faut il ajouter que dans les recordmen du mensonge, Darmanin figure en bonne place : les supporters du match de foot, etc. De toute façon, en macronie, une des caractéristiques les plus évidentes est que ses membres ont une fâcheuse tendance à prendre les Français dans leur ensemble pour des imbéciles. Heureusement il n’est pas sûr que cette stratégie apparemment délibérée du « plus c’est gros, mieux ça passe » s’avère la bonne.

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