Editoriaux - International - 21 septembre 2019

Écosse, Catalogne : l’ombre de l’ingérence russe, ou de l’intox à la paranoïa

Le monstre du Loch Ness : légende ou réalité ? L’ingérence russe dans la crise écossaise et catalane : chimère ou réalité ?

Nul ne sait si la créature du Loch Ness a réellement existé dans les profondeurs des eaux glaciales d’un lac des Highlands écossais. Cependant, son hypothétique existence fait encore couler beaucoup d’encre. On se délecte encore de cet imaginaire écossais au même titre que les fantômes qui hanteraient les anciennes demeures du vieux pays écossais. Que serait l’Écosse sans ses fantômes et sans le monstre du Loch Ness ? Après les affres du Brexit et des vieux démons qui secouent l’Angleterre, une démarche politique empreinte de modernité s’impose à la société civile écossaise dans son ensemble : comment bénéficier d’un nouveau référendum ? Une telle question s’avère parfaitement légitime et conforme au droit international. Mais voilà, Boris Johnson, le Premier ministre de l’Angleterre n’accepte pas que la population écossaise soit consultée. La vieille démocratie anglaise montre ses limites dans la non-acceptation d’une nécessaire consultation écossaise.

Il en va de même pour Pedro Sánchez, Premier ministre de l’Espagne. Ce dernier préfère fermer les yeux sur la répression, l’emprisonnement et l’exil de nombreux élus catalans qui ont voulu exercer pacifiquement et librement une consultation électorale.

Décidément, les États multinationaux ont bien du mal à accepter l’expression populaire. Et pourtant, ce sont des élus légitimes, des représentants politiques de la Generalitat de Catalogne qui sont embastillés sans aucune pitié ni considération.

Force est de constater que, dans la péninsule Ibérique, les droits fondamentaux des mandataires du peuple catalan sont foulés aux pieds, et cela, dans un silence médiatique navrant. Faut-il rappeler que l’Espagne est le seul pays européen qui conserve encore dans sa capitale un somptueux monument funéraire à la gloire d’un dictateur ? Existe-t-il, en France, un mémorial à la gloire de Philippe Pétain ? Une telle éventualité enthousiasmerait-elle le philosophe Bernard-Henri Lévy ?

De nos jours, l’obscurantisme avance à pas de géant, faisant fi du siècle des Lumières de l’Europe du XVIIIe siècle. Les temps changent, mais à qui la faute ? Aujourd’hui, Vladimir Poutine est le suspect idéal des élites occidentales et des grands médias. Il est l’épouvantail bien commode que l’on expose pour attiser les peurs. Et ainsi, du Brexit au référendum catalan, de l’intox à la paranoïa, l’ingérence russe est brodée par de fantasques officines américaines qui nous la présentent comme étant parole d’évangile.

Toutefois, les preuves concrètes et tangibles, elles, se font toujours attendre. Ce procédé rappelle étrangement le prétexte belligène des armes massives inventé par l’administration américaine et diffusé par les grands médias de l’époque pour se lancer à l’assaut de l’Irak avec les conséquences que nous connaissons et subissons.

À lire aussi

Le blues de Jacques Attali

Parlez donc, Éric Zemmour, Gilles-William Goldnadel et Alain Finkielkraut, que vos voix di…