Il est des évidences tellement opposées à la croyance majoritaire que convaincre de la réalité vous fatigue avant de commencer. Vous êtes pris entre votre honneur d’homme qui vous exhorte à ouvrir les yeux des inconséquents inconscients et votre expérience qui vous rappelle qu’il n’est pas plus sourd que celui qui refuse d’entendre. Alors, que ceux qui voudront se boucher les oreilles et garder les yeux fermés passent leur chemin, je nourris pour eux mes plus douces pensées d’amour et de bienveillance. En revanche, ceux qui sont prêts à prendre avec moi la route de Damas sont bienvenus. Je me fais Bernadette : “Je ne suis pas chargée de vous faire croire, seulement de vous le dire.”

Nous n’avons pas oublié le premier ministre de l’Éducation nationale du gouvernement socialiste dernier. M. Peillon nous a terrifiés avec ses dogmes éducatifs et “arracher l’enfant à tous ses déterminismes” est resté dans les annales. Madame Vallaud-Belkacem, dont le verbe et la pensée n’étaient pas aussi aboutis que ceux de son prédécesseur, en fut la zélée exécutante. Ni plus, ni moins. Les socialistes pur jus présentent, pour leurs opposants, un avantage non négligeable : ce sont des croisés. Ils avancent de front, creusent des tranchées, montent la garde. Ils font la guerre à l’ancienne, comme grand-papa. Avec de tels adversaires, on sait contre qui et quoi on se bat.

Mais en avons-nous vraiment fini avec les poncifs socialistes ? Nos vieux socialistes rêvaient de rendre la maternelle obligatoire, un autre va le faire. Nos vieux socialistes regrettaient, après avoir réduit à une portion congrue les fondamentaux au primaire, supprimé les évaluations des connaissances au profit de celles de pseudo-compétences, faisant croire aux collégiens et leurs parents que tout a le niveau pour aller en lycée général, que malheureusement le temps leur ait manqué pour s’attaquer au lycée. N’ayez crainte ! Ce qui nous attend avec la réforme du et la démolition structurelle de l’enseignement général secondaire semble extrêmement prometteur. Les vieux socialistes avaient su unir contre eux avec la ; toute la France était vent debout pour empêcher le désastre qui vient. Heureusement, on n’a pas voté Macron, mais on est bien content de son gouvernement qui va remettre les choses en ordre, surtout dans l’éducation. Ah ? La marche arrière, pourtant populaire et attendue, aurait été enclenchée et la réforme du collège enterrée ? Pardon. Oui, pardon de vous forcer à l’entendre : Peillon en rêvait (certains l’auraient même entendu prier), Blanquer le fait !

Aujourd’hui, en France, 97 % des enfants vont à l’école maternelle. Ils sont autour de 25.000 à échapper à l’incantation qu’à 3 ans, on doit être arraché à sa afin d’être dressé par un tiers étranger, confronté à des pairs étrangers. Les raisons sont des plus diverses : l’un n’est pas une flèche dans l’apprentissage ô combien indispensable de la propreté, l’autre dort encore trois heures durant tout l’après-midi, des néo- un peu étranges croient sottement qu’un jeune enfant pourrait se construire dans un milieu familier, protecteur et rassurant. Ne négligeons pas les résidus de pauvres subsistant en notre pays, s’hydratant à la bière et ne changeant pas les couches de leurs marmots. À moins que, chez ces gens-là, l’assistante sociale passant plus souvent qu’à son heure, les chtiots soient déjà sous bonne garde, et plutôt de très bon matin dès l’ouverture du périscolaire, jusque tard le soir quand le centre aéré fermera ses portes.

Il est une autre vérité que je ne pouvais vous cacher : l’école maternelle, salut des enfants pour échapper à leur maman, sera (enfin) obligatoire, mais du b.a.-ba il n’est toujours pas question.

PS : les pays qui réussissent le mieux aux PISA sont ceux où l’instruction est obligatoire à partir de 7 ans.

29 mars 2018

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