Editoriaux - 17 août 2017

Douce France : une chapelle de Vendée…

Si, par hasard, cher lecteur, amoureux de notre Douce France, vous vous retrouvez sur les routes de la Vendée, entre Nantes et Ancenis, La Roche-sur-Yon et la Loire, vous ne pouvez rouler sans venir vous arrêter une petite demi-heure dans le bourg de La Chapelle-Basse-Mer pour venir admirer la reconstruction de la chapelle Saint Pierre-ès-Liens, édifice du XIe siècle, sous la conduite de Reynald Secher.

Pour les autres qui n’auront pas cette chance, laissez-moi vous embarquer dans les méandres de cette petite chapelle qui repose sur la grandeur des femmes et hommes qui ont participé à son édification.

La chapelle Saint Pierre-ès-Liens se dresse un peu à l’écart du village. Il suffit, pour la rejoindre, d’emprunter une petite route goudronnée d’où on aperçoit la croix qui orne son clocher. À sa droite, le mur du cloître fait la jonction avec la salle du mémorial de la Vendée militaire, qui vient d’accueillir sur ses murs la charpente.

Sur les charpentes, justement, le lecteur doit s’imaginer de petites mains, hésitantes, rassurées et finalement expertes, qui posent les ardoises qui serviront de manteau d’hiver à la chapelle.

En entrant dans la chapelle, après avoir constaté le désordre qui sied à tout chantier, le lecteur peut admirer le travail des anciens, le maître autel et la voûte en bois. Par une petite porte secondaire, le visiteur entre dans le cloître. Ici, des arches formant le contour du préau, et le cloître proprement dit, attendent eux aussi d’être parés d’ardoises. Sur la gauche, en venant de la chapelle, après la porte menant à une petite sacristie, une grande arche présente la salle des généraux, déjà entièrement couverte, qui rassemblera les illustres généralissimes de Vendée. Ici, le site est clos. Le toit est posé, les joints en chaux des murs ont été faits et le lecteur n’a qu’à se laisser embarquer dans le petit passage sur la droite, qui l’entraîne dans les souterrains, dans une grande crypte qui a été bâtie il y a près de quinze ans. Tout en admirant le parement des murs, les voûtes des souterrains en pierres, la perfection de certaines lignes, l’irrégularité de certaines autres, le lecteur prend au fond de la crypte à gauche, pour se retrouver dans un couloir, avec un croisement en son milieu. À gauche, la suite du souterrain, en face, la crypte octogonale (unique en son genre en France), à droite, le futur… peut-être une autre crypte ?

En allant, ensuite, à gauche, et retournant vers la chapelle, le lecteur suit un long couloir entièrement paré de pierres, posées par des générations de maçons. À sa gauche, encore, un petit autel (celui de l’abbé Robin, un prêtre réfractaire), qui possède les parements les plus élégants et raffinés de la chapelle. En continuant, et en se baissant pour passer sous les coffrages qui soutiennent une voûte fraîchement posée, le lecteur accède au couloir qui mène dans une crypte et qui accueillera les fonts baptismaux. Ici, de petites mains féminines consciencieuses posent des lignes de pierres, droites, se torturant l’esprit pour trouver de belles pierres, les mettre à niveau, jouer avec leur irrégularité grossière et approcher la perfection.

En sortant par la petite échelle du souterrain, le lecteur arrivera derrière la chapelle ; à sa droite se dresse un calvaire (élevé par un groupe de routiers venus rendre leur service), la charpente qui s’élève fièrement et, à sa gauche, la route qui s’enfuit vers d’autres merveilles de notre Douce France !

Bon vent, cher lecteur, je retourne à mes pierres !

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