Ce 2 mars, Michael Taylor, ancien membre des forces spéciales américaines reconverti dans la sécurité privée, et son fils Peter ont été extradés depuis Boston sous forte escorte policière de quinze « samouraïs des temps modernes », venus spécialement de l’empire du Soleil levant. Cette extradition des États-Unis vers le Japon repose-t-elle sur un « camouflage de criminel », motif invoqué par la Justice japonaise, ou une vengeance indirecte et facile pour effacer publiquement le déshonneur d’un camouflet à la Justice impériale ?

On se souvient que, le 29 décembre 2019, l’homme d’affaires franco-libanais Carlos Ghosn, ancien président de Renault-Nissan, avait fui le Japon pour le Liban dans des conditions dignes des exploits de Rocambole, roman de la moitié du XIXe siècle de Pierre Ponson du Terrail. Ici, le cycle littéraire des Drames de fait place au cycle judiciaire des « Drames de Tokyo ». Selon lui, il n’avait pas d’autre choix pour échapper aux rigueurs nippones de ce qu’il considérait être un traitement judiciaire inhumain et injuste. « Je n’ai pas fui la justice, j’ai échappé à l’injustice », avait-il aussitôt déclaré solennellement.

Destitué de ses fonctions pour cause de malversations financières présumées, M. Ghosn avait déjà effectué cent trente jours de détention préventive particulièrement rude dans la prison de Kosuge, à Tokyo, avant d’être placé en résidence surveillée – croyait-on ! C’est là que sont maintenant détenus les Taylor qui ont, semble-t-il, co-organisé l’évasion de l’ancien chef d’entreprise. Ils avaient été arrêtés en mai 2020, près de Boston, en vertu d’un mandat d’arrêt japonais, maintenus en détention pour cause d’un « grand risque de fuite » – ce que leurs antécédents semblaient justifier. Les deux hommes ont multiplié en vain les recours juridiques jusqu’à la Cour suprême, redoutant avec raison d’être soumis à des conditions proches de la torture s’ils étaient livrés aux autorités japonaises – ce dont l’expérience de leur employeur semblait témoigner.

Toujours est-il que des voix civiles s’élèvent, aux États Unis, pour réclamer un meilleur traitement de ses vétérans, évoquant « un triste jour pour la famille et pour tous ceux qui croient que les vétérans méritent d’être mieux traités par leur propre pays ». On se met à rêver d’un soutien populaire français de ses vétérans, quand la justice médiatique met en pâture publique les membres de ses forces armées dans des procès politisés comme celui de l’engagement militaire français au Rwanda, pour des faits préjugés coupables lors du génocide de 1994.

Il ne nous revient pas de juger la réalité des malversations financières prétendues de Carlos Ghosn, sur fond de guerre de succession politico-économique à la tête d’une alliance alors boiteuse entre Renault et Nissan – la filiale asiatique en difficulté ayant largement bénéficié des talents reconnus de l’homme d’affaires français, devenu gênant, en matière de stratégie de développement, de rationalisation de la gestion, de maîtrise des coûts et de génération de plus-values.

Dans le roman, Rocambole, en délicatesse avec la Justice, devient un brillant justicier en quête de rédemption dans la société. Les dirigeants français actuels, technocrates étatistes sans compétence ni esprit entrepreneurial mais dispendieux d’un argent public devenu rare faute de productivité nationale, feraient bien d’employer les services de M. Ghosn, au titre d’un arrangement comme peine de substitution et d’intérêt public, pour sortir l’économie française du marasme et d’un endettement sans limites. Sans le livrer au Japon, comme le font les autorités américaines uniquement quand ça les arrange, contre on ne sait quelles compensations politico-économiques.

Dans le roman, Rocambole affronte une bande de voleurs appelés les Ravageurs. Aujourd’hui, les Ravageurs aux commandes de l’État français ont plongé l’économie dans le rouge et la dans le chaos, dont M. Ghosn pourrait surement contribuer à les sortir.

3 mars 2021

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