On le sait bien, maintenant : la véritable pandémie, celle qu’aucune vaccination ne pourra guérir, c’est l’épidémie des ravages au cerveau. Un mal qui couvait depuis longtemps, déjà, et que les conditions de la dictature sanitaire actuelle ont fait littéralement exploser.

Toutes les conditions sont réunies pour que les esprits fragiles basculent. Et là, il y a deux catégories : ceux qui sombrent en eux-mêmes, et ceux qui croient se sauver en passant à l’acte contre les institutions, l’État, la collectivité, perçus comme autant d’ennemis et d’entraves à leur .

De tout cela, l’enlèvement de la petite Mia Montemaggi, le 13 avril dernier, en est le fruit.
C’est, en effet, l’histoire d’une paumée partie à la dérive, de cinq pieds nickelés en mal d’aventure et d’un tireur de ficelles, tranquillement retiré en Malaisie, dans le rôle du gourou.

Au terme d’une enquête de quelques jours, Lola Montemaggi et sa fille Mia ont été retrouvées dans un squat de Neuchâtel, en , après que les complices du « rapt » ont été arrêtés et se sont mis à table. On peut se rêver en mercenaire ou en et se réveiller penaud dans la dure réalité. C’est comme cela que « Jeannot », 60 ans, sans profession, « Pitchoune », 58 ans, intermittent du spectacle, « le Corbeau », 24 ans, bénéficiaire d’une allocation d’adulte handicapé, et, enfin, « Bruno », 60 ans, directeur technique, sont aujourd’hui mis en examen pour « enlèvement en bande organisée d’une mineure de 15 ans » et « association de malfaiteurs ». Ils dorment maintenant en prison.

Leur point commun ? S’être rassemblés dans la mouvance conspirationniste d’un dénommé Rémy Daillet, aujourd’hui sous mandat d’arrêt international, et auquel Le Figaro de ce mercredi consacre un long article.

« Fils d’un ancien parlementaire UDF, lui-même ex-président du MoDem de Haute-Garonne, écrivain, fondateur d’un site prônant l’école à domicile, figure du mouvement complotiste en France et, maintenant, soupçonné d’être impliqué dans l’enlèvement de la petite Mia », l’homme vit aujourd’hui en Malaisie d’où il distille ses thèses et surtout ses dangereux « conseils » sur la Toile. Le procureur de Nancy chargé de l’affaire a ainsi déclaré, dans un communiqué, que Rémy Daillet apparaît « comme l’animateur principal de la mouvance dans le cadre de laquelle s’inscrivent les mis en cause ». Il aurait « joué un rôle dans l’organisation de l’enlèvement et aurait ainsi fourni les coordonnées de l’accueillante de la mère et de l’enfant à Neuchâtel ».

Dans une de ses nombreuses vidéos, celle-ci mise en ligne mardi, Daillet se défend en affirmant : « Notre organisation, libre, résistante, rend des enfants kidnappés par l’État à des parents, à leur demande. Il n’y a donc absolument pas d’enlèvement. » Il se contente de rendre service, en somme. L’avocat de six familles qui ont voulu porter plainte contre lui fait une autre analyse : « S’opposant aux placements des enfants, il délivre des conseils irresponsables, et c’est sans doute par son site que la mère de Mia est tombée sur lui. »

Toutefois, « rendre » les enfants à leurs parents n’est pas sa seule ambition. Rémy Daillet a aussi des visées politiques. Comme le rapporte Le Figaro, « décidé à fomenter un coup d’État en France », il avait joint récemment le responsable du député Jean Lassalle, lui disant « que tout était prêt et qu’il fallait se mettre en ordre de marche ».

On n’imagine pas faire un coup d’État sans troupes, alors qui sont celles de Rémy Daillet ? Selon le parquet, tous les mis en examen dans l’enlèvement de Mia sont « des citoyens qui n’ont jamais fait parler d’eux, plutôt bien insérés socialement ». Leur point commun : une « communauté d’idées contre l’État » en général, s’opposant par exemple à la « dictature sanitaire » mise en place depuis l’arrivée du Covid-19.

Ça fait du monde…

21 avril 2021

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