Dans les « grandes causes du quinquennat » finissant figurait l’égalité salariale. Celle qui se calcule encore entre femmes et hommes… Un objectif qui se perdrait dans les lointains, toujours espéré, jamais atteint.

C’est la grande nouvelle servie mercredi matin, à l’heure du café : « Depuis 9 h 22, ce mercredi, les femmes cessent symboliquement d’être rémunérées, si l’on tient compte des écarts de salaires entre les femmes et les hommes. » 9 h 22, pas 21 ni 23. C’est donc bien pire que l’an passé, où la date butoir était le 4 novembre à 16 h 16. Ainsi, mesdames, avons-nous perdu 30 heures et 54 minutes de salaire en un an.

D’où sortent ces chiffres ? se demande la ménagère en tournant la cuillère dans le chocolat des enfants. Il s’agit, nous dit , d’« une date et une heure symbolique calculée depuis 2015 par la newsletter féministe Les Glorieuses à partir des statistiques de l’Office européen de statistiques Eurostat ». Le quotidien, très en pointe dans ce combat, a recueilli les commentaires de Rebecca Amsellem, fondatrice des Glorieuses : « Ce constat est sans appel, dit la dame. Des mesures concrètes doivent être mises en place dès aujourd’hui afin d’éviter d’attendre 2234 pour voir naître l’égalité salariale. Évitons des dizaines d’années d’inégalités grâce à un plan économique adapté. » On l’a compris, il en va comme les degrés du réchauffement climatique : ça ne se discute pas. Et tout a repris comme une certitude l’année 2234 comme avènement de l’égalité salariale.

Pourtant, ça n’est pas aussi simple. Pour commencer, le calcul des différences salariales est une obligation inscrite dans la loi, chaque entreprise devant publier son « index d’égalité professionnelle ». Une mesure qui ne sert à rien, disait FO, dans un communiqué en mars dernier : « L’index égalité ne produit pas les résultats escomptés puisque 96 % des grandes entreprises ont obtenu plus de 75/100, alors qu’il existe toujours 25 % d’écart de rémunération tout confondu et 9,6 % à poste égal. »

cite également une étude réalisée par l’Institut du genre en géopolitique qui rend compte plus globalement des inégalités professionnelles : « Alors que la pandémie a, sans contestation possible, accentué les inégalités hommes-femmes, le think tank note qu’en 2020, les femmes constituent 70 % des travailleurs et travailleuses pauvres, 83 % des temps partiels et 62 % des emplois non qualifiés. »

Sur les méfaits de la pandémie relativement au sort des femmes, l’INED conclut, d’une enquête COCONEL (Coronavirus et confinement : enquête longitudinale) de juillet 2020, que « 41 % des femmes de moins de 65 ans déclarent que leurs revenus ont diminué depuis le début du confinement ». En mai 2021, c’est le CREDOC qui « constate les effets d’un "retour à des rôles genrés traditionnels" provoqué par le confinement et le recours au télétravail lors du confinement de mars 2020 au début de l'épidémie de Covid-19 ». Survivance de vieux schémas traditionnels qu’il faudrait sans doute déplorer, « les mères, davantage que les pères, ont mis de côté leur emploi pour se consacrer aux enfants ».

Aucune de ces enquêtes n’aborde la question, jamais posée : et si cela relevait en grande partie du choix ? Et si les femmes, encore et toujours, se sentaient des prédispositions pour « le care », comme on dit aujourd’hui, c’est-à-dire le soin, l’attention, le maternage ? Si elles voulaient, elles, veiller de près à leurs enfants. Les chiffres officiels le montrent : selon l’enquête emploi de l’INSEE, en 2016, « les femmes représentent 80,1 % des salariés à temps partiel et 50,4 % dans l'ensemble des salariés ; 30,6 % des femmes salariées sont à temps partiel et 4,6 % travaillent à temps partiel moins de 15 heures par semaine ».

Il serait grandement faux de penser qu’elles y sont toute contraintes. Reste un delta. Selon Libération, « l’écart de salaire femmes-hommes qui ne s’explique ni par le volume horaire, ni par les différences de fonctions s’établit entre 5 % et 7 % ». Vite, une subvention macronnienne !

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3 novembre 2021

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