UFC-Que choisir tire la sonnette d’alarme : les crédits à la consommation sont trop facilement accordés, alors que les capacités de remboursement des usagers s’amenuisent. Proposer des crédits qui ne seront remboursés qu’après les fêtes incite à emprunter pour s’offrir un Noël de rêve, mais le réveil sera douloureux dans un mois.

De même, il n’est pas rare, lors de l’achat d’une voiture neuve, d’accorder au client un report d’échéance de six mois. N’ayant rien à payer dans l’immédiat, ce dernier part au volant de son véhicule neuf avant de se retrouver dans une impasse financière une demi-année après. Avant la crise du Covid-19, les défauts de paiement des crédits à la consommation s’élevaient à 9 milliards d’euros. Ce montant risque de grimper à 12 milliards, en 2021. Les impayés seraient, en moyenne, de 1.000 € par ménage emprunteur, une somme énorme si on la compare au salaire moyen (1.504 €) ou au RSA (565 €). À titre de comparaison, ce chiffre ne s’élève qu’à 100 € en Allemagne. Les moratoires accordés au printemps sont, pour les deux tiers, terminés alors que 900.000 personnes vont plonger dans le et verront les revenus sévèrement amputés.

Pour UFC-Que choisir, les banques sont en grande partie responsables de cet état de fait désastreux. Elles manquent de vigilance et accordent des prêts à des personnes incapables de les rembourser, alors qu’un tri sérieux devrait les écarter. Les établissements bancaires les moins sérieux seraient BNP Paribas (7,9 % de défaillance) et la Société générale (5,6 % de défaut). Or, selon UFC, ces deux banques rechigneraient par la suite à restructurer les dettes de leurs clients. BNP le ferait pour 30 % des cas et la Société générale pour seulement 18 % des cas.

L’Europe incite les banques à purger leur bilan des créances « pourries » et, donc, à revendre leurs dettes fragiles à des sociétés de recouvrement. Si les établissements bancaires manquent de souplesse, cela serait encore pire pour les sociétés de recouvrement, dont les méthodes sont jugées trop « agressives » par l’UFC, et même « délétères ».

L’UFC milite pour qu’un plan de restructuration de la dette soit systématiquement proposé après deux incidents de paiement et pour qu’on évite de prêter à tout va, ce qui serait une mesure de bon sens.

Malheureusement, les banques et les organismes de crédit ont besoin des crédits à la consommation pour équilibrer leurs comptes et augmenter leur bilan. En outre, les 5 % de prêts non remboursés sont, en fait, payés par les autres usagers dont les intérêts avoisinent 4 % pour une inflation proche de 0 %. Pour l’instant, les crédits à la consommation sont encore rentables pour les banques, mais la situation risque de se détériorer si le taux de défaillance explose dans ce domaine, alors que les défauts de paiement des entreprises vont monter en flèche. Nous avons là les prémices d’une crise bancaire de grande ampleur.

17 décembre 2020

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