Ils sont détenus, nous sommes confinés. Les premiers ne sont pas libres, nous le sommes.

Depuis que j’ai vu les scènes des mutineries dans les prisons italiennes, je suis inquiet pour la France. Il paraît qu’on commence à craindre un soulèvement.

Des morts déjà à cause du coronavirus dans la population pénale.

Moins de parloirs, de douches et de promenades.

Ces restrictions vont-elles avoir un effet catastrophique et, s’il survient, serons-nous prêts à affronter ce nouveau choc ?

Mon interrogation est d’autant plus fondée que, depuis quelques années – et tant mieux -, nous n’avons pas eu de révoltes massives dans les prisons, si j’excepte telle ou telle revendication ou tragédie ponctuelles.

Quel que soit le regard que l’on porte sur l’enfermement dans son état actuel, on ne peut soutenir que l’univers carcéral réponde aux normes d’une société, même persuadée de la nécessité de réprimer.

Je relève que le garde des Sceaux suggère d’ajouter à une inexécution des peines chronique un laxisme à cause de l’urgence sanitaire. On ne peut pas péremptoirement dénoncer cette mansuétude, mais le futur sera-t-il de nature à la justifier ou non rétrospectivement ?

Qu’on prenne garde à ce qui pourrait exploser derrière ces murs qui nous protègent ou à l’air libre. Je ne voudrais pas que le coronavirus, mettant à bas toutes les frontières, ajoute à l’angoisse qu’il crée et au confinement qu’il impose comme la tentation d’une subversion qui ne serait plus maîtrisable.

Attention, dangers !

Extrait de : Justice au Singulier
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