On a relevé un retard des autorités chinoises dans la prise des mesures préventives pour stopper la propagation du coronavirus. Ne prend-on pas le même retard ? Question retard, on pourrait, comme dans la célèbre parabole de la poutre et de la paille, jouer le rôle de celui qui a un gros problème oculaire mais se targue de retirer la poussière qui fait pleurer l’œil de son prochain !

On sait, par les tests développés grâce au travail de nos amis chinois, au sacrifice de la vie de professionnels de santé, que l’Oise est un département particulièrement infecté, à moins d’une heure de Paris. J’entends à la radio, ce lundi matin, que des habitants de Crépy-en-Valois s’inquiètent de ne pas avoir été exemptés de travail et vont arriver en train à Paris pour prendre leur poste de travail comme si de rien n’était. En même temps, je reçois un mail du conservatoire de musique parisien de mon fils annonçant que la situation a évolué, « les personnes revenant d’Italie ne sont plus confinées » mais « les habitants de 8 communes de l’Oise dont Crépy-en-Valois doivent rester à leur domicile ». Contrairement aux virus, la logique de gestion ne saute pas aux yeux.

La vitesse d’évolution de la situation surpasse-t-elle celle de l’information ? L’art confère-t-il une immunité insoupçonnée au virus puisqu’il n’était pas prévu de fermer le musée du Louvre, visité quotidiennement par 20.000 personnes de tous pays ? Le personnel, qui a exercé son droit de retrait, semble sceptique. On y serait, en réalité, sans danger puisque ce n’est pas, « selon les autorités », un espace confiné car on marche dans les salles (paroles entendues à la radio). Bonne nouvelle, le virus est sélectif. Il ne daigne contaminer que les gens participant à des rassemblements de plus de 5.000 personnes, et encore, si ces personnes sont en marche, il ne fait pas l’effort de leur courir après ! Il se propage plus en milieu confiné, mais dans les villes où il sévit, on a vu fermer le marché en plein air alors que l’hypermarché – où il est, bien sûr, inutile, voire presque criminel, d’acheter un masque – est, lui, resté ouvert.

S’ensuivent, dans les reportages sur le sujet, des formules du type « Soyons tranquilles, il n’y a qu’à faire confiance aux autorités et tout ira bien ». Heureusement que le ridicule ne tue, pas sinon la mortalité du coronavirus serait bien supérieure et certaines administrations décimées. Déjà, en janvier, dans l’hôpital où je travaille, des messages de prévention parvenaient aux personnels. La consigne était de s’équiper d’un masque uniquement devant un patient ayant de la fièvre, toux et qui revenait de Wuhan ou avait eu un contact suspect. Un collègue avait demandé des précisions pratiques : « En somme, on interroge le patient, on l’examine et, si besoin, on met un masque ? » Un autre collègue avait répondu ironiquement : « Tu l’interroges, tu te fais contaminer (éventuellement) et après tu vois. » Il ajoutait : « Je suis actuellement coranophobe, d’où mon emploi du masque FFP2 et surtout je suis conarophobe ! »

Le lapsus, révélateur de l’importance de l’islam dans les esprits, m’avait interpellé. Coranophobie, coronaphobie et conarophobie peuvent vivre ensemble.

3 mars 2020

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