Concours de vulgarité Hanouna-Aram : la gauche veut compter les points

sophia aram

On manque de profs, paraît-il. Il y a pourtant une matière où ils se bousculent au portillon des réseaux sociaux : les candidats aux chaires de professeur en élégance poussent comme narcisses au printemps. Il ne s’agit pas seulement de l’élégance vestimentaire, traitée avec la sagacité qu’on lui connaÏt par notre ami Florac à propos des tenues d’une députée NUPES. Non, nos professeurs s’attaquent à la vulgarité des gestes, des propos, des idées, des pensées. Avec, toujours, le puissant strabisme qui caractérise la gauche morale.

Ainsi, les mêmes qui ne trouvaient rien à redire aux bras d’honneur lancés du banc des ministres de la République par le garde des Sceaux Dupond-Moretti en pleine séance de l’Assemblée nationale – une pratique inédite - ni au salut hitlérien d'un député Renaissance, lui aussi en séance, poussent aujourd’hui des cris d’orfraie. L’animateur star de C8, Cyril Hanouna, n’a pas pu s’empêcher de rappeler le passé judiciaire de la mère de la chroniqueuse humoriste de France Inter, Sophia Aram. La mère, donc, ancienne adjointe PS au maire de Trappes, aurait écopé d’une amende de 31.500 euros pour avoir escroqué des migrants clandestins. Morale contre morale. Le 13 mars, la même Sophia Aram n’y avait pas été avec le dos de la cuiller pour évoquer Hanouna. « Depuis qu’Hanouna promeut le sale et popularise le pire, s’il y a encore des personnalités, des annonceurs et des politiques pour nourrir ce crétin et si l’Arcom ne fait pas respecter son propre cahier des charges, à un moment, ce n’est plus de sa faute », lançait-elle à l'antenne de la première radio de France.

On a vu plus fin, plus subtil, plus flatteur aussi (« ce crétin »), moins gros sabots dans la pression vis-à-vis de l’Arcom, plus enrobé dans l’envie de censure, venant d’une salariée d’un média public, donc nourrie par ceux-là mêmes sur lesquels elle crache. Il parait que les auditeurs de France Inter ont adoré cet échange de linge sale.

Surprenant ? Une fois de plus, l’indignation de la gauche est à sens unique. En témoigne ce tweet de Caroline Fourest.

Ni cette gauche morale ni Sophia Aram ne trouvent rien à redire quand le député LFI Louis Boyard, déguisé en étudiant à la rue, traite ses collègues de droite et le gouvernement de tous les noms. Curieusement, les mêmes blanches colombes ne se sont jamais émues qu’on reproche à Marine Le Pen les sept péchés capitaux commis par son père. Ça, on a le droit. Parce que, contre les ennemis de la gauche, tout est permis. Mais pour exprimer une critique vis-à-vis de la gauche, il est recommandé d'utiliser des gants de beurre frais et les manières du grand monde sous peine de se voir enseveli sous les rappel à l'élégance et à la morale, les qualificatifs « écœurants » et les « soulève le cœur ».

Depuis le succès du livre en peau de lapin de Stéphane Hessel Indignez-vous !, la gauche qui avait déjà tendance à cela se surpasse dans l'exercice. L’indignation lui tient lieu de réflexe, de structure, de philosophie. Elle masque le vide de la pensée, couvre toute comparaison, évite de s'interroger sur ses propres pratiques, donne à chaque manifestation de mépris le viatique du beau rôle, autorise la haine à découvert et l'appel bruyant à la censure. C'est une merveille, l'indignation, un canoë emporté par le courant. On n'a qu'à se laisser porter. Il y a des moments où on aimerait être de gauche : c'est tellement simple !

Marc Baudriller
Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

37 commentaires

  1. Hé hé sur ce coup et ses d derniers …Hanouna commence à ma plaire…Mieux vaut tard que jamais…. Cela signifierait-il que les temps changent ????

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