Christiane Taubira toujours aveugle aux « racistes » de son propre camp

Dans une interview d’une rare vacuité, l'ancienne ministre s’est à nouveau illustrée par son aveuglement idéologique.
@Wikimedia commons
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C’est l’une des grandes escroqueries intellectuelles de ces dernières décennies. Malgré le ridicule de ses envolées ampoulées et le fiasco de ses fonctions ministérielles, Christiane Taubira continue de faire figure de phare moral et cognitif dans l’esprit de beaucoup. L’égérie de la gauche parisienne se voit ainsi régulièrement sollicitée par la presse pour délivrer sa vision de notre pays, telle une sage pythie. Ce lundi 20 avril, c’est le journal communiste L'Humanité qui est ainsi allé la consulter, avide de recueillir ses précieuses prédications. Le fruit de cette audience est, hélas, à l’image de l’oracle sollicité : creux et sentencieux.

D’une longueur inutile, l’interview publiée se contente de recycler les idées actuellement portées par les députés d’extrême gauche les moins habiles : culpabilité éternelle de la France, discriminations « systémiques » visant les étrangers, danger mortel d’une « extrême droite » aux portes du pouvoir, bla-bla-bla. Un discours indigent qu’on peut retrouver résumé en trente secondes dans les stories Instagram du premier militant LFI venu - la faconde en moins.

Sus aux « racistes »

Au fil de ses réponses, l’ancien garde des Sceaux s’en prend avec véhémence aux « racistes ». Le mot revient à pas moins de douze reprises. Dans sa grande générosité, Christiane Taubira précise les termes et définit le racisme comme une « hiérarchie des races ». Fort bien. Sauf que la septuagénaire semble y ranger aussi la simple critique énoncée contre une personnalité issue de l’immigration. Elle prend ainsi la défense de Bally Bagayoko, qui aurait été, selon elle, comparé à un singe, sur CNews. « Je n’aurais vraiment aucun état d’âme si j’apprenais la fermeture de CNews », avoue l’ex-élue, ajoutant que fermer l'une des premières chaînes info de France serait encore bien insuffisant car cela « ne les fera[it] pas taire »… Que souhaiterait-elle de plus ? L’emprisonnement des chroniqueurs et journalistes dissidents ?

Sans surprise, Christiane Taubira n'a pas le moindre mot de compassion pour ces Français stigmatisés en raison de leur couleur de peau par certains leaders insoumis. En l’espace de quelques jours seulement, plusieurs sorties publiques ont très expressément visé les « Blancs », mais Christiane Taubira n’a pas jugé nécessaire de dénoncer ce racisme virulent. Au contraire, elle exhorte la reconstitution d’une gauche « plurielle », s’étendant donc, on le comprend, jusqu’à l’extrême gauche racialiste. Au passage, un appel qui ne manque pas de sel quand on sait que sa candidature à la présidentielle de 2002 (2,32 %) contribua sans doute à disqualifier pour le second tour Lionel Jospin, chantre de la « gauche plurielle »...

Pas un mot de soutien, non plus, pour ces maires sortant de villes conquises par LFI que l’on a vus être chassés et vilipendés par des hordes aussi bigarrées qu’agressives, au soir du second tour des municipales. À Saint-Denis, où une vidéo glaçante a donné à voir une foule crier son antisionisme à pleins poumons, Christiane Taubira a vu des gens « d’une beauté éblouissante », qui « se mêlent et s’emmêlent à la fête » dans « la joie ». Chacun voit midi à sa porte, nous direz-vous.

La culpabilisation du Blanc

À la question de savoir si nous vivons dans un « pays raciste », Christiane Taubira répond que si la France se proclamait « nation judéo-chrétienne ou que sais-je d’aussi absurde », la réponse serait oui « à coup sûr ». Nous voilà fixés. La Guyanaise en a profité pour revenir sur une de ses marottes et instrumentaliser, une nouvelle fois, notre Histoire afin de mieux culpabiliser notre identité : « La France est une ancienne puissance coloniale, impériale et impérialiste, elle a participé à la traite et à l'esclavage […] Ce que nous entendons encore sur certains médias, ce sont les traces de cette époque, les pets d'une idéologie vile et avilissante… »

Quid des terribles Barbaresques en Méditerranée, des XVIe et XVIIe siècles, au cours desquelles des milliers de chrétiens européens furent capturés par les corsaires d'Alger et réduits en esclavage ? Quid de la très meurtrière traite arabo-musulmane qui s’est étendue sur treize siècles ? Ah non, pardon, il s’agit là d’un sujet dont il ne faut pas parler. En 2006, celle qui était alors députée avait expliqué qu'il était préférable de ne pas évoquer la traite négrière arabo-musulmane pour que les jeunes Arabes « ne portent pas sur leur dos tout le poids de l'héritage des méfaits » de leurs ancêtres. Pas de pitié, en revanche, pour les petits Blancs dont le passé et l’identité peuvent être allègrement conspués.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

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