Audio - Editoriaux - Entretiens - Histoire - 30 mai 2017

“Cette idée est excellente, les Français doivent se réconcilier avec leur histoire !”

Le député UDI Yves Jégo entend créer en Seine-et-Marne, à l’horizon 2023, un parc d’attractions historique autour du personnage de Napoléon. Dimitri Casali se réjouit de cette initiative qui fera connaître cette figure tutélaire – actuellement méconnue et dénigrée – de l’Histoire de France.

Yves Jégo entreprend de créer un parc d’attractions autour de la personne de Napoléon. Vous avez écrit de nombreux ouvrages sur ce personnage historique. On connaît déjà le succès du Puy du Fou, qui lui aussi est un parc historique. Est-ce que vous avez l’impression qu’il y a un regain d’intérêt populaire pour l’Histoire de France aujourd’hui ?

Oui, l’idée d’Yves Jégo est absolument excellente. Les Français ont besoin de retrouver leurs racines historiques, leur héritage. Napoléon, qu’on a voulu escamoter durant ces dix dernières années, en est le meilleur exemple. Il faut savoir que Napoléon est le personnage le plus populaire au monde et qu’il n’est pratiquement plus appris dans nos écoles aujourd’hui. Les Français ont besoin de retrouver ce passé et, surtout, de se réconcilier avec cette histoire pour être à nouveau fiers de leur pays.

Justement, vous dites que Napoléon est une figure controversée : ces dernières années, nous en avons entendu moins parler – ou même quasiment plus parler -, notamment dans les manuels scolaires. Comment l’expliquer ?

C’est très simple. Cet escamotage historique s’est fait dans les années 2000. Cela a commencé avec la loi mémorielle Taubira de 2001 qui spécifie sans cesse qu’il faut préciser que Napoléon a rétabli l’esclavage en 1802, à une époque où la Terre entière pratiquait l’esclavage. Premier aspect négatif.

Ensuite, Jacques Chirac a refusé de célébrer, de commémorer la bataille d’Austerlitz qui est connue dans le monde entier pour être une des plus belles victoires de l’art militaire.

Et troisièmement, effectivement, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy et du ministère de Xavier Darcos, les programmes scolaires ont réduit l’étude de Napoléon en classe de quatrième à une peau de chagrin, c’est-à-dire deux misérables pages où, en gros, il était spécifié que Napoléon n’avait fait qu’une seule chose dans sa vie : rétablir l’esclavage, bien sûr !
Ce fut au détriment de toute son œuvre considérable que le monde entier nous envie, bien sûr.

Vous dites que dans cette volonté de retrouver l’Histoire de France, c’est une personne qui compte et qui est importante. En quoi, selon vous, est-elle importante dans cette recherche d’identité ? Qu’est-ce qui caractérise Napoléon ?

Napoléon est la figure tutélaire de l’Histoire de France. D’une part parce que son œuvre est considérable, son œuvre législative, juridique. Vous savez qu’aujourd’hui, toutes ses institutions sont encore pérennes et présentes, ce qui est remarquable à l’échelle historique. Et ensuite parce que Napoléon même personnifie l’exemple de l’Histoire de France, une histoire qui reste quand même ouverte aussi sur le monde. Napoléon, petit Corse, ne parlait pas un mot de français jusqu’à l’âge de onze ans. C’est grâce à sa passion pour l’Histoire de France et pour les Lumières qu’il va devenir, justement, plus français que les Français de souche.

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