Armées - Editoriaux - Polémiques - 19 décembre 2018

Ces généraux demandent un référendum sur le pacte de Marrakech : ils seront sanctionnés !

Le 10 décembre, onze généraux (en 2e section, c’est-à-dire n’étant plus en activité) et un colonel à la retraite publiaient une lettre ouverte au président de la République lui demandant de ne pas signer le pacte mondial des migrations sans organiser, au préalable, un référendum sur le sujet.

Une semaine plus tard, interrogé par le journal L’Opinion, le cabinet du ministre des Armées réagissait en ces termes : “Ces propos sont inadmissibles et indignes. Les généraux 2S qui ont signé ce texte sortent du devoir de réserve auquel ils sont soumis… En dérogeant à leurs devoirs, ils sapent ce qui les a conduits aux responsabilités du haut desquelles ils donnent aujourd’hui des leçons. Ce faisant ils ne répondent pas à leurs obligations statutaires et s’exposent de ce fait à des sanctions disciplinaires, dont nous apprécierons l’opportunité dans les jours à venir.”

Pour répondre, je reprendrai les premiers mots de ce texte en les adaptant : Messieurs du cabinet, vos propos sont inadmissibles et indignes !

Inadmissibles, car lorsqu’un officier général quitte le service actif et rejoint le G2S, une des premières questions est celle de sa nouvelle liberté en matière d’expression. S’il est astreint à un devoir de réserve, on peut le regretter car, comme l’a écrit le général d’armée (2s) Jean-Marie Faugère dans un article (Communication officielle et libre expression des chefs militaires) : “La libération de la parole des chefs militaires apparaît aujourd’hui comme une impérieuse nécessité, porteuse de progrès et propre à restaurer au sein des armées la confiance en leurs chefs et la cohésion d’une institution malmenée depuis trop longtemps, cohésion qui reste le gage du succès des armes de la nation.”

Indignes, vous l’êtes de vouloir sanctionner des officiers qui n’ont fait que rapporter leurs préoccupations face à un texte soi-disant “symbolique” et “non contraignant”. Un texte qui n’a suscité, en France, aucun débat démocratique. Un texte qui, une fois adopté, et nos gouvernants le savent parfaitement, fera jurisprudence et ne pourra que s’imposer de fait aux décisions nationales prises sur l’immigration.

Indignes, car ces officiers ne faisaient que demander un référendum. Référendum auquel, aujourd’hui, le Premier ministre lui-même se dit favorable à travers le référendum d’initiative citoyenne (RIC), revendiqué par les gilets jaunes.

Enfin, ce qui est indigne, c’est l’article du journaliste de L’Opinion, cet ancien de Libération qui a voulu les transformer en politiques en les affublant du terme de “droite radicale” tout en les listant un par un pour mieux les idéologiser et les vouer à l’opprobre de ses lecteurs.

Très touché par la démarche du cabinet du ministre de la Défense, voilà ce qu’a écrit à ses pairs le général Coustou (un des signataires du texte) : “Je m’étonne sur le fait que les seules réactions à notre démarche soient des démarches “à charge”… À bientôt 74 ans, ce n’est pas pour moi que je me bats aujourd’hui mais pour mes 15 petits-enfants et 2 arrière-petits-enfants. Ce n’est pas par erreur que j’ai donné 35 ans de ma vie à la défense de la France.”

Ces officiers, premiers à vouloir une consultation citoyenne et populaire, sont l’honneur de ce pays. Ils ont ouvert la voie aux gilets jaunes, ceux-ci doivent être leurs premiers soutiens.

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