Un sondage refuse, à 75 %, un statut de première dame. Même si sa valeur est toute relative, puisque réalisé par mesopinions.com, c’est une indication sur la popularité de ce que souhaite pour la femme du président de la République. Ou peut-être, surtout, le vœu de sa chère épouse ? Nous l’avons bien perçu ainsi dans le documentaire passé lundi sur TF1. Brigitte est souvent aux commandes. C’est à la fois sa maman (ne mange pas de bonbon, c’est mauvais pour ta santé !), sa femme (avec de nombreux baisers publics) et son mentor. Un exemple : Valeurs actuelles nous révèle, cette semaine, que c’est sur la recommandation de Brigitte que son mari va créer un ministère unique de l’Éducation et de la Culture. Cet hebdomadaire avance même le nom de Claude Chirac, que madame Macron a rencontrée à plusieurs reprises lorsque son fils a rejoint le clan Macron.

L’Élysée sera donc dominé par la personnalité de cette élégante sexagénaire, à la fois grand-mère, mère et épouse d’un jeune homme. Avec ce statut de première dame, Emmanuel Macron veut donc nous imposer une américanisation de notre société. Après la main sur le cœur pendant l’exécution de notre hymne national, le voilà qui nous offre une First Lady. Mais, nous venons de le voir, pas n’importe quelle première dame. Une dame de fer rencontrée à l’adolescence, sous l’influence de laquelle le jeune garçon, devenu son mari, est devenu adulte. Un adulte aux airs de jeune homme qui a su organiser son élection méthodiquement comme une start-up.

 Dès le début, le projet de Macron a été de donner un statut à la femme du Président. Sans rémunération mais avec une réelle fonction de seconder son mari dans divers domaines sociétaux. Les femmes (ou les compagnes-maîtresses) de nos Présidents n’ont jamais eu de statut officiel, mais elles avaient bénéficié d’un bureau et de collaborateurs. Ce que le jeune Président trouve, non sans raison, être une situation hypocrite. Mais est-ce une raison pour donner un pouvoir réel à l’épouse d’un Président ? “Le peuple élit un homme, pas un couple.”. C’est ce que souligne la politologue Armelle Le Bras-Chopard, auteur du livre Première dame, second rôle. “[Une première dame] n’existe pas politiquement. La République s’est précisément distinguée de la monarchie sur ce point. La femme du monarque, donc la reine, avait une existence politique et réglementée. Elle pouvait être régente et représenter son époux. Avec la République, la vie publique et privée se sont clairement définies et séparées. La première dame a un statut privé et elle ne devrait pas avoir un rôle public naturel.”


En avril, sur TF1, lors de l’émission “Élysée 2017”, le candidat Macron avait clarifié ce qu’il estimait vouloir mettre en route : “Elle [] aura son mot à dire sur ce qu’elle veut être. Par contre, je veux sortir d’une hypocrisie française. […] Il faut que la personne qui vit avec vous, elle puisse avoir un rôle, qu’elle soit reconnue dans ce rôle.” 

Non seulement Brigitte Macron se reconnaît dans ce rôle, mais elle veut s’imposer auprès de son mari. À RTL, Emmanuel Macron l’avait d’ailleurs ouvertement évoqué : “Un rôle officiel, ça dépend comment on l’entend. Elle aura le rôle qu’elle a toujours eu auprès de moi. Elle m’a toujours accompagné, parce que c’est mon équilibre de vie, c’est comme ça que nous fonctionnons.”


Cette complicité nous a été offerte lors du documentaire “Macron, dans les coulisses d’une victoire”. Nous en avions été même gênés. Alors, Brigitte Macron sera-t-elle notre Michelle Obama ou notre Hillary Clinton. L’Élysée sera-t-il notre White House ?


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