Bardella et Maria Carolina de Bourbon : « C’est du sérieux, comme dirait l’autre ! »
Les plus anciens se souviennent de cette petite phrase du général de Gaulle, lors d’une conférence de presse : « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille ». La « corbeille », pour nos jeunes lecteurs, c’était cet espace de la Bourse de Paris, entouré d’une balustrade, autour de laquelle se faisaient les opérations de change. Où se fait, aujourd’hui, la politique de la France ? Vaste question. Et si elle se faisait – au moins symboliquement – autour de la table basse du coiffeur, dans la salle d’attente du médecin, là où l’on trouve souvent les magazines people… quand ce ne sont pas des numéros archi usés, qui y traînent depuis cinq ans avec leur lot de bactéries…
De Gaulle en pyjama
Hier, la une de Paris Match nous montrait le bonheur du couple Gabriel Attal et Stéphane Séjourné, magnifiques dans leur costume trois-pièces. Attal rêve debout de l'ÉIysée. Il y a deux semaines, dans un autre genre, c’était le bonheur de Jordan Bardella et de Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles qui s’affichait dans le même magazine. On peut le déplorer, le regretter, mais le passage people est devenu une obligation, non constitutionnelle mais de fait, dans le parcours initiatique censé conduire là où vous savez. Ce n’est pas d’hier, d’ailleurs. Bien évidemment, ce n’était pas le style De Gaulle. On dit même que ses enfants ne le virent jamais en pyjama à la maison. C’est pour dire ! La seule photo un peu people du couple De Gaulle fut prise en Angleterre durant la guerre. Il fallait humaniser ce général français aux yeux de l’opinion publique britannique un peu sceptique sur le personnage. Première et dernière fois. Quand on songe que l’on ne connaît même pas le son de la voix de Mme de Gaulle alors, qu’entre mille, on reconnaîtrait à l’aveugle celle de Brigitte Macron…
C’est Pompidou – donc, effectivement, c'est pas d'hier – qui ouvrit la voie de la peopolisation : clope au bec, col roulé, main dans la main avec son épouse Claude, dans le jardin de sa maison de campagne. Giscard, qui voulait regarder la France au fond des yeux, se mit pour ça carrément en maillot de bain. Mitterrand fut plus discret. Il est vrai qu’il avait des choses à cacher. Avec Chirac, on eut droit au président grand-père ou grand-père président. La suite, on la connaît. On vous épargne la longue liste de ceux qui n’obtinrent pas le graal mais durent tout de même se soumettre à l’épreuve. Même Balladur. Pas en slip de bain, ni en robe de chambre, bien sûr. Chacun son style.
Tout ça pour dire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil qui irradie les pages de papier glacé des magazines people. Les Français, ces êtres paradoxaux, veulent un roi pour régner sur le pays, quelqu’un qui sache prendre de la hauteur, qui ne leur fasse pas honte « à l’international ». Et, en même temps, ces mêmes Français veulent connaître l’envers du décor, ce qui se passe dans l’alcôve ou le salon du souverain, lorsque sa dure journée de labeur est achevée, si tant est qu’elle puisse s’achever.
Les messages de Jordan Bardella
Jordan Bardella, lui, n’est pas encore souverain, mais, visiblement, aspire à le devenir. Et l’on a bien compris, si l’on sait lire entre les lignes, qu’il s’y prépare. La « séquence people », bon gré, mal gré, fait partie de l’exercice. Après la une de Match, le président du Rassemblement national confirmait, la semaine dernière, chez Léa Salamé, sa relation avec Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. Sans citer une seule fois le nom ou le prénom de la princesse. Ce mardi 21 avril, il franchit un nouveau pas, lorsque Laurence Ferrari lui demande comment le couple gère la pression médiatique. D’abord, cette fois-ci, en citant pour la première fois le prénom de sa compagne : « Carolina ». Ensuite, en évoquant ses qualités : « Une femme extrêmement courageuse, intelligente, extrêmement élégante. Elle a cette solidité… » En évoquant la famille de sa compagne, cousine de tout le gotha européen : « Elle a un nom, une histoire, un héritage qui peut-être l’ont conditionnée dès le plus jeune âge à une forme d’exposition ». Des propos qui ne vont pas manquer de faire hurler les gauchistes qui réfutent tout héritage, transmission, tradition.
Mais Jordan Bardella n'a-t-il pas fait aussi un nouveau pas politique dans son propos ? En entrelaçant habilement vie publique et vie privée : « Au niveau où je fais de la politique, il est très compliqué pour moi de conserver une vie privée…. Et vous savez la pression compte tenu des responsabilités que j’ai aujourd’hui et de celles que j’aspire à avoir dans les prochains mois, si nous gagnons les élections, la pression sera d’autant plus forte. » Si l'on n’a pas compris le message, faut arrêter de s'intéresser à la politique et faire du sudoku… Enfin, en faisant un petit clin d’œil qui ne pourra pas déplaire aux nostalgiques de Nicolas Sarkozy de la grande époque : « C’est du sérieux, comme dirait l’autre… »
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2 commentaires
Mais quel intérêt de parler d’un tel sujet. Vous voulez copier « Paris-Match » ?
Mon colonel, parlez-nous plutôt de ce qui se passe en Ukraine : les nouvelles du front toujours aussi mauvaises pour le gouvernement ukrainien, la crise politique qui met en difficulté Zélinsky.
Là, c’est du journalisme et c’est dans votre domaine de compétences. Faites donc-en !
Franchement… Quel plus beau couple à l’Élysée pour la représentation de la France ? Attal et Stéphane Séjourné ou Bardella et Maria Carolina de Bourbon…