Suite à l’abandon dramatique de l’Afghanistan par Washington, certains alliés des États-Unis commencent à sentir un petit vent de panique. C’est le cas de l’Ukraine, notamment, où le président Vladimir Zelensky tient en place essentiellement grâce au support de Washington et des organisations internationales largement sous son influence.

Avec l’arrivée de à la Maison-Blanche, Kiev croyait avoir enfin tourné la page Trump qui s’était désintéressé de l’Ukraine. Mais Kiev se rend compte que même Biden non plus ne veut pas d’une forte. Comme pour l’Afghanistan, Washington n’a jamais voulu y apporter ni la démocratie ni la prospérité. Washington se sert de l’Ukraine pour ses propres intérêts géopolitiques contre la Russie mais n’a plus les moyens de jadis. Dernière preuve en date, Biden a perdu la bataille de Nord Stream 2 qui permet dorénavant à la Russie de doubler son gazoduc vers l’Allemagne en contournant l’Ukraine, ce qui va priver Kiev de deux milliards de dollars de droits de transit.

Zelensky et Biden vont se rencontrer, le 30 août, à Washington. Zelensky demandera plus de moyens et Washington demandera une accélération de la lutte contre la corruption de l’oligarchie, mais ce problème est double. Premièrement, un des oligarques que Washington a le plus dans sa ligne de mire se trouve être un des plus grands soutiens de Zelensky : Igor Kolomoïsky. Deuxièmement, si on détricote trop la pelote de la corruption en Ukraine, on tombera sur les affaires du camp Biden, et notamment du fils Hunter qui est emberlificoté dans le scandale de Burisma Holdings. Le sujet n’avancera donc pas. Le seul consensus sera sur le « méchant Russe responsable de tous les maux de la terre »… On connaît la chanson.

Depuis le coup d’État de 2014, l’ est devenue une autocratie à la dérive sous perfusion financière atlantiste. Zelensky concentre ses efforts sur la censure de ses adversaires politiques, notamment Viktor Medvedchuk dont il a interdit plusieurs médias et qu’il a fait assigner à résidence. En juillet dernier, la sénatrice française Nathalie Goulet a interrogé le ministre des Affaires étrangères Le Drian à ce sujet, mais celui-ci n’a pas encore répondu. Même l’OSCE a tiré la sonnette d’alarme, cette semaine, en rappelant que les sanctions de Kiev mettent en danger la liberté de la presse.

Zelensky déçoit les Ukrainiens qui voyaient pourtant en lui un homme sincère capable de ramener la paix et des emplois. Ils se moquent aujourd’hui de Zelensky qui s’était présenté, lors des élections, comme le « serviteur du peuple » et qui s’avère être un « serviteur des oligarques ». L’empire américain est en train de vaciller et ses alliés ont raison de s’inquiéter. Seuls les oligarques ukrainiens et les faucons de Washington tireront leur épingle de ce jeu. Le peuple, lui, continuera de souffrir de la guerre de son gouvernement au Donbass et d’une économie au bord de la banqueroute.

29 août 2021

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