[AU TRIBUNAL] « On n’est pas des surhommes » : neuf CRS mis en cause pour violences sur des gilets jaunes
Tout semble être une question de point de vue, dans cette affaire. Ce lundi, au premier jour du procès de neuf CRS mis en cause dans le passage à tabac de gilets jaunes en 2018, les prévenus invoquent le contexte pour solliciter la clémence de la cour.
Vêtus de leurs uniformes galonnés, les membres de la CRS 43 ont attiré un monde considérable, devant le tribunal correctionnel de Paris. La salle est comble. À la barre, ils défilent par ordre d’intervention, tel qu’on peut le percevoir sur les images du 1er décembre 2018, qui fondent les faits de violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique.
La légitimité des gestes en question
Le tableau de guérilla dressé par les gardiens de la paix est sensiblement le même pour chacun. À l’issue de ce troisième samedi de protestation, qui avait rassemblé plus de 5.500 manifestants à Paris, les forces de l’ordre sont submergées. L’ordre leur est donné, dès 6h30 du matin, de ne pas laisser les manifestants investir les Champs-Élysées. Vers 19 heures, ils doivent disperser les gilets jaunes en les faisant redescendre l’avenue de Wagram.
Dans la cohue, alors que l’air est saturé de gaz lacrymogène, plusieurs dizaines de manifestants enfoncent la porte d’un Burger King pour y reprendre leur souffle. Quelques minutes plus tard, une brigade de CRS reçoit l’ordre de les déloger « le plus rapidement possible avec, au besoin, usage de la force pour les extraire en cas d’opposition ».
Sans leur laisser le temps d’évacuer les lieux, tandis que les premiers manifestants s’avancent lentement vers les agents, les mains en l’air, plusieurs reçoivent des coups violents et répétés, bien qu’ils ne semblent présenter aucune menace. C’est la légitimité de ces gestes qui est aujourd’hui scrutée par la Justice.
En revoyant les images, ceux qui passent à la barre n’ont pas de difficulté à admettre la « disproportion » des coups portés – coups de pied, coups de matraque sur des manifestants au sol, coups sur le haut du corps. Mais ils estiment que ces personnes n’auraient pas dû se trouver là. « Je m’excuse de l’avoir confondu avec un casseur, et j’espère qu’il pourra comprendre que nous, on ne pouvait pas savoir », souffle l’un d’eux, à l’attention d’une des victimes assises sur le banc des parties civiles.
Des agents poussés à bout par une journée d’affrontements
Peu avant d’entrer dans le restaurant, la brigade avait été appelée pour intervenir sur le pillage d’un Décathlon, un peu plus loin. Sur leur chemin, les CRS découvrent les portes défoncées du Burger King, avec des dizaines de manifestants à l’intérieur, et estiment avoir affaire à « des gens dangereux », continue-t-il d’expliquer à la barre.
« En voyant les vidéos, visiblement, il y a eu méprise de ma part sur les intentions de ces manifestants », admet, de son côté, l’ancien chef de brigade. Il se souvient avoir cru voir l’un d’eux se mettre en position de garde, alors qu’il couvrait en réalité son visage de ses bras. À ses yeux demeure néanmoins une incompréhension : « Pourquoi ces manifestants n’ont-ils pas continué à descendre l’avenue de Wagram ? Pourquoi ont-ils forcé la porte d’un restaurant ? Pour s’y réfugier, visiblement, mais je ne sais pas si c’était le plus judicieux. »
Interrogé par le président sur le caractère adapté de son attitude, ce chef qui affirme n’avoir connu ce type de journées – au cours de laquelle il a cru mourir – qu’à deux reprises en vingt-cinq ans de carrière, répond : « Aujourd’hui, je vous dirais que non. Sur le moment, j’ai fait du mieux que j’ai pu, ce qui m’a semblé le plus urgent. Je voulais que ce manifestant se lève et s’en aille rapidement, car j’avais l’impression que cela ralentissait tout le reste. Je n’avais qu’une envie : que cette journée se termine. Mais même avec l’entraînement, ce n’est pas facile de savoir comment on va réagir. »
Fatigue extrême, perte de lucidité, sentiment d’« abandon » par la hiérarchie : autant de circonstances invoquées en chœur par les prévenus entendus à la barre. « On sort de treize heures de service, sans manger, sans boire, dans l’urgence », répète l’un d’eux, brigadier à l’époque des faits, aujourd’hui chef de groupe. « J’ai vu des gens nous insulter, nous jeter des projectiles, alors que ce sont des personnes que l’on aurait pu côtoyer dans une vie normale. Ils avaient envie de casser du flic », poursuit-il pour expliquer son état de stress et des gestes qui, sur les images, s’apparentent à de l’acharnement. Il reconnaît que ces coups n’auraient pas dû être portés, tout en mettant en cause sa hiérarchie qui n’aurait pas pris en compte les heures passées sur le terrain sans aucun répit : « On n’est pas des surhommes. » Une responsabilité hiérarchique que la partie civile s’attache progressivement à faire émerger.
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84 commentaires
Il est plus facile de « rentrer dans » des gilets jaunes que de se farcir les racailles de cité, autrement plus dangereuses.
Désolé !
Les éleveurs, la manif pour tous, les gilets jaunes, ça bastonne au service du nouvel ordre mondial pour finaliser l’inversion du bien et du mal.
Récemment en Mayenne un prêtre a été emmené par 10 gendarmes 36 heures en garde à vue pour être intervenu pendant la démolition d’une église du XI ème siècle.
Rien à attendre des forces du désordre.
On voudrait bien voir aussi ceux qui ont tabassé les flics? Mais çà, c’est une autre histoire.
Certes les manifestants ont forcé les portes du BK, mais il n’y a pas d’excuse au comportement de ces CRS. A 9, il devait bien y en avoir un plus gradé que les 8 autres pour donner 1 ou 2 ordres. On sait que les CRS ne sont pas formés comme les gendarmes mobiles dans un centre dédié où ces derniers sont soumis à des exercices intenses et répétés. Quand on exerce ce métier on doit en toutes circonstances conserver sa lucidité d’autant plus quand on n’est pas attaqué directement.
Les donneurs d’ordre sont étrangement absents. De plus ces GJ là étaient des blac block venus pour déstabiliser le mouvement qui faisait vaciller le gouvernement. Comment les juges arrêtent ils des ultra violents qui cassent, pillent et brûlent? Avec des fleurs et des poèmes?
Qui sont les vrais responsables de ce chaos si ce ne sontni les billets jaunes ni les CRS, c’est Macron et sa clique. Depuis le pays s’enfonce inexorablement.
En effet ce ne sont pas des surhommes
Je n’y étais pas..Vous oui? On se croirait sur un plateau tv ..il y a plein de spécialistes pour nous dire qui a tort en regardant une vidéo le c..dans son fauteuil..j’ai été » gilet jaune j’ai pas cassé de restau..
Ah la hiérarchie….on veut tout mettre sur le dos « des petites mains » ,plutôt des grosses paluches qui obéissent au chef du chef du chef…Ce ne sont pas les grosses paluches qui devraient être les accusés ,ce sont plutôt les démolisseurs et « leur république ». On vient de voir la même chose avec les agriculteurs .Un grand déménagement s’impose
Pas de faiblesse pour ces « amateurs de burger king », ils étaient en service !
Au service de qui?
Je pense que nos dirigeants sont complètement dépassés, ils donnent des ordres et des contre ordres, les policiers obéissent dans la confusion la plus totale, et le résultat est celui auquel nous assitons le bordel à tous les étages.. « pôvre France »
» répète l’un d’eux, brigadier à l’époque des faits, aujourd’hui chef de groupe. »
on aura compris : les braves petits toutous ont eu de la promotion à peu de frais. Pourvu qu’ils tapent sur le petit peuple, ils auront toujours le soutien de leurs chefaillons gauchistes!
les chefaillons gauchistes au sein des forces de l’ordre doivent se compter sur les doigts d’une main. Quant au petit peuple, il semble qu’au moment de ces manifestations il avait retrouvé quelques forces pour taper sur la police et les CRS, sans parler des destructions massives. Mais bon on ne voit que ce qu’on veut bien voir. Ceci écrit, au moment de ces faits visibles à la télévision, j’avoue avoir trouvé que ce n’était pas bien et que ces coups n’étaient pas justifiés. Mais qu’avaient fait les « victimes » sur la voie publique avant de forcer les portes du restaurant?
« les chefaillons gauchistes au sein des forces de l’ordre doivent se compter sur les doigts d’une main. » Vous rigolez? Il y en a à la pelle des chefaillons gauchistes, il vous suffit d’ouvrir les yeux, les oreilles et vos neurones pour le voir.
On commence par Nunez et on fini par une commissairette qui distribue des PV aux anciens militaires pendant que les potes des palestiniens défilent comme en pays conquis à PARIS!
Ils avaient des ordres en très hauts lieux de ne pas faire de quartier avec les gilets jaunes. A contrario des ordres aussi pour ne pas taper trop fort sur les racailles.
Facile de commenter pour ou contre. Dans ces situations difficiles le juste milieu est effacé par les exactions commises de toute part surtout par des racailles mêlées à des citoyens venus manifester leur mécontentement et non pour casser du flic, voler, piller et détruire. Il y a des limites à demander à des hommes l’impossible depuis derrière un bureau et des écrans de télévision. C’est devenu une évidence les FDO aujourd’hui en sous nombre sont totalement à bout de souffle et ça reste des hommes pas des machines. La responsabilité incombe aux politiques .
@ALFRED Germain
Ce que vous écrivez est fort juste. Mais, est-ce que cela interdit le discernement? Est-ce que cela justifie un zèle à l’encontre de gens pacifiques aux mains nues? Lorsqu’il s’agit de ne pas taper sur les Black Block, l’ordre de rester l’arme au pied et de regarder stoïquement les vandales casser est respecté. Come certains CRS le disent, le contexte a évidemment joué. Mais, l’ardeur répressive mise en oeuvre a fait froid dans le dos de beaucoup de monde, bien sûr pas à TOUT le monde. Je comprends même que pour certains une répression brutale de manifestants pacifiques peut avoir un coté jouissif! Même si je ne fais pas partie de cela, je comprends que pour certains ça peut l’être. Mélenchon et ses affidés détestent les flics, mais si par malheur Mélenchon arrivait au pouvoir, beaucoup de policiers se mettraient à son service et réprimeraient avec des états d’âme pour certains, des manifestants opposés à la politique Mélenchon. ils le feraient parce que ce sera Mélenchon qui les paient, même si cela ra avec de la dette! il y aurait aussi, j’en suis convaincu, des policiers qui refuseraient de servir un pouvoir LFIste.. Que les avocats de ces 9 CRS (pourquoi seulement 9?) fassent leur job. ce n’est pas mon rôle.
Désolée mais pas d’accord avec vous ALFRED Germain, ils ne frappent que sur nous, les agriculteurs, jamais sur les antifas et les racailles, donc à un moment, il est clair qu’ils ne sont pas de notre côté alors qu’ils ne comptent pas sur une empathie de ma part
Suite à votre commentaire, allez visionner comment certains se sont comportés face à des infirmières ! …
Certains ont « la matraque » plus ou moins lourde ! …. Quid des émeutes suite à l’affaire nahel par exemple ! …
Les politiques aussi sont derrière leur bureau ou devant le petit écran,donc………………
Fort avec les honnêtes citoyens qui survivent, faible avec les racailles, j’en ai trop vu au cours de ma carrière (administration régalienne) avec des types de cet accabit ! Je ne verserais pas une larme s’ils sont révoqués, les manifestants avaient « les bras en l’air » !
Cela fait dix minutes que j’écris un commentaire en expliquant le pourquoi du comment alors qu’en réalité c’est tout simple et toujours pareil avec la police en France : fort avec les faibles et faibles avec les forts ! Plus aucun soutien de ma part aux complices des gens qui détruisent le pays. Toujours là pour taper (métaphoriquement ou au premier degré) sur d’honnête citoyens et jamais là pour punir les racailles ! Et âpre ils se demandent pourquoi le peuple ne soutient pas ? J’espère sincèrement qu’il prendront plein pot !!!
Sans être de gauche, je ne soutiens plus ces gens depuis la manif pour tous où ils ont osé gazé des familles, des enfants qui manifestaient sans rien casser puis ce fut les GJ puis la période du covid où ils ont fait preuve d’un zèle envers nous quand ils n’allaient pas dans les cités vérifier les attestations
Et avant, les avaient-ils en l’air? Ils étaient descendus dans la rue pour prendre l’air?
L’article oublie de dire que cette manifestation n’était pas déclaré en préfecture.
Qu’elle n’était pas autorisée .
Et alors, ça justifie cette violence ?
Comme je le répondis, il y a quelques années, ici-même, à un chouineur de ces farces de l’ordre, de ne pas se tromper d’ennemis; ils auraient alors notre soutien.
Facile de tabasser des parents à landaus en 2013, lors de la manif pour tous, d’éborgner et mutiler les participants à la colère jaune et d’envoyer des blindés contre des agriculteurs.
Vert 100 mais rouge dedans.
Et celles en faveur de la palestine ? Et celles de la A Traoré, pas déclarées pas autorisées et rien ne s’est passé, alors je veux bien mais à un moment faut réfléchir
AH AH AH ! … ET les émeutes ? ! … Elles étaient « déclarées » ? ! …
Bien sûr que non MAIS « attendues » ! …Comme les « festivités de fin de match » ? ! …
Même que certains les avaient eus toute la journée,les bras en l’air;Surtout pour faire des bras d’honneur à ceux sur qui ils jetaient pavés et éléments de mobilier urbain.
Et alors, ça justifie cette violence ?