Le cas devient inquiétant : sa dérive racialiste ne trouve plus de limite ; on ne s’explique toujours pas comment ce footballeur talentueux et exemplaire qui sonna la révolte des Bleus face à la Croatie au Mondial 98, lui si digne représentant de la France « black-blanc-beur », en est aujourd’hui à déblatérer sur la couleur des uns et des autres.

À l’occasion de la sortie de son livre, La Pensée blanche, l’ex-footballeur a déclaré, sur Europe 1 : « C’est une pensée politique qui hiérarchise les gens selon la couleur de la peau. […] On a construit l’idée qu’il y aurait une race supérieure à d’autres, mais c’est une construction, pour diviser les gens. Donc, parler de l’Histoire, c’est comprendre la réalité d’aujourd’hui. »

Or, donc, Lilian Thuram se découvre une âme de philosophe et s’interroge sur des sujets ethnosociologiques ! Tant mieux, c’est la preuve que la culture française donne sa chance à tout le monde ! Mais, plus sérieusement, de quoi parle-t-on ? L’ex-footballeur s’épanche sur les tourments de l’enfant noir qu’il était dans un environnement de Blancs… Quoi de neuf, sur cette Terre, concernant ce sujet ? Tout enfant a connu des moments de doutes, des crises liées à son âge, mais Dieu merci, nous n’en faisons pas cas dans des livres.

Les tribulations de Lilian Thuram quant au supposé racisme qu’il aurait vécu étant enfant relèvent d’une lapalissade. Depuis quand les enfants s’engagent dans ces comportements de haine propres aux adultes ? L’enfant est moqueur, il est taquin, mais très loin de lui l’idée d’alimenter les attitudes discriminatoires, il ne souffre aucunement de crise identitaire.

Ensuite, Lilian Thuram s’interroge sur le phénomène d’éclaircissement de peau par les Noirs. Il argue que, partout dans le monde, se blanchir la peau est un critère de beauté. Donc, ici aussi, l’ex-footballeur induit un comportement lié au racisme…

Mais nom d’une pipe, il voit de la discrimination partout, notre champion !

Nul ne peut contester le fait que la colonisation a installé un rapport de domination entre les Noirs et les Blancs, rapport qui a permis d’inscrire la peau claire comme critère de valeur dans les sociétés colonisées. Le fait est que le phénomène de blanchiment de la peau est d’abord lié à une crise identitaire.

Alors, la question qu’on a envie de poser à Lilian Thuram est la suivante : le meilleur combat à mener ne serait-il pas celui lié à l’acceptation identitaire ? Pourquoi accuser les Blancs pour tout et ne pas débattre du problème identitaire auquel sont confrontés les Noirs qui brandissent la victimisation ?

Lilian Thuram a envie de passer pour un intellectuel en surfant sur des sujets qu’il ne maîtrise pas du tout. Il ne cherche qu’à faire le buzz en profitant de la fièvre #BlackLivesMatter du moment. Sauf que si n’importe qui peut crier au racisme, tout le monde ne peut pas, très sérieusement, soutenir un débat sur ce sujet avec des arguments incontestables par les sociétés savantes…

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