On aurait pu penser que la fin de l’épidémie de coronavirus serait traitée de manière plus logique et constructive que ne le fut le début de cette crise, où tout fut dit et son contraire pour justifier le manque d’organisation et les errements d’une administration qui, faute de savoir prendre du recul sur les événements, faisait confiance à des schémas organisationnels dépassés pour proposer au gouvernement des mesures dont on a pu juger de l’efficacité et de l’incohérence.

Il n’en est rien, à en juger par l’organisation des tests, la polémique continue aujourd’hui, au sein même du gouvernement, paraît-il.

En avril, le chef de l’État déclarait que toute personne ayant les symptômes du Covid-19 devait pouvoir être testée, mais que tester tous les Français n’aurait aucun sens ; et dans son allocution du 14 Juillet, il affirmait vouloir permettre à toute personne, sans prescription médicale, même si elle n’avait pas de symptôme, de se faire tester, car c’était, selon lui, la solution pour réduire la diffusion du virus dans la population en isolant les cas positifs.

Le propos se voulait sans doute rassurant et bienveillant à l’égard des populations inquiètes, mais il était hélas maladroit et ne répondait à aucune logique sanitaire. Il peut être utile de tester les personnes qui présentent des symptômes qui s’apparentent à une infection à coronavirus afin d’établir un diagnostic, si possible un traitement, et également ralentir la propagation de l’épidémie en isolant le malade quelque temps, et ces mesures se justifiaient pleinement en début d’épidémie mais ne répondent pas à un véritable besoin sanitaire aujourd’hui. Cependant, tous les hypocondriaques, et tous ceux chez qui le discours médiatique crée un sentiment d’angoisse voire même, parfois, de panique, se sont précipités dans les laboratoires de dépistage. C’est ainsi qu’on a vu des files d’attente de plusieurs heures pour être prélevé sans réelle nécessité, et des résultats qui n’arrivaient qu’au bout de plusieurs jours, ce qui rendait obsolète d’éventuelles mesures d’isolement du sujet.

L’efficacité d’un dépistage de masse sans critère de sélection risque de tourner à la pantalonnade, tout comme « StopCovid ».

Il faut savoir que les tests tels qu’ils sont pratiqués actuellement sont capables de trouver des traces même infinitésimales du virus chez l’individu prélevé, traces qui, à cette concentration-là, sont sans pathogénicité réelle. On observe ainsi beaucoup de cas, certains disent jusqu’à 30 %, de « faux »positifs. Afin de savoir si ces sujets étiquetés positifs peuvent être contaminants, il serait nécessaire de connaître leur taux de charge virale, ce qui n’est pas le cas.

On pratique donc un surdépistage qui ne présente pas de réel intérêt sur le plan sanitaire mais qui permet, cependant, aux autorités d’alimenter la chronique anxiogène quotidienne des nouveaux cas, oubliant, bien sûr, de préciser chaque fois qu’il s’agit de nouveaux cas dépistés et non pas de nouveaux malades.

Cependant, cette confusion plus ou moins entretenue, volontairement ou non, par de nombreux médias et les communicants du pouvoir permet de maintenir des mesures d’exception dont le gouvernement ne semble pas disposé à se passer rapidement.

Nous ne sommes plus en phase épidémique d’une maladie (dont il faut, encore une fois, rappeler que le taux de mortalité directe ou induite est compris entre 0,5, et 2 %) mais en pleine épidémie de résultats biologiques dont l’intérêt, en l’absence de signes cliniques, reste à démontrer, sauf sur le plan de la recherche épidémiologique.

Espérons que l’arrivée sur le marché de tests dont le résultat sera rapidement connu, et destinés aux seuls patients présentant des symptômes, comme l’a promis le ministre de la Santé, permettra d’avoir une véritable action préventive.

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