La manque de places pour héberger les demandeurs d’asile. À défaut de solution, Pascal Brice, chef samaritain de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), lance un mot d’ordre dans les colonnes de Ouest-France. « Il va falloir être inventif. » Amis du concours Lépine, à vos planches à dessin ! 100.000 demandeurs en 2017, 60.000 entre janvier et juillet de cette année (+16 %), vous avez deux heures. Toutes les solutions seront examinées. Des « Zeppelin » habitables, des villes en carton, terrain de camping place de la Concorde, réquisition des armoires normandes, allez-y, faites-vous plaisir. Pour vous aider, le monsieur vous donne quelques indices : « Il va falloir être inventif avec le concours des collectivités locales, des associations et des citoyens. » Tout il va se creuser les méninges pour trouver des solutions. Sans argent, sans emploi, sans , rien dans les poches, rien dans les manches, crac badaboum… et hop ! Merci, Monsieur Miracle.

Sur sa planète perché, le responsable de l’OFPRA ne semble pas avoir encore reçu l’information de la Terre selon laquelle les citoyens appelés à inventer pour loger les demandeurs d’asile sont massivement hostiles à leur arrivée. Que sur le terrain de l’inventivité, ils fourmillent d’idées, mais pour les faire repartir. Quel astronaute se portera volontaire pour aller dire à Pascal Brice que, dans un immeuble parisien, des Français, pourtant issus de l’, ont manifesté contre l’ouverture d’un centre d’accueil pour migrants à proximité de leur résidence ? Ici et là, des associations capitulent devant l’ampleur du désastre et les pouvoirs publics ont largement démontré leur incapacité à proposer quoi que ce soit de tangible.

Conformément à la tournure d’esprit de , l’appel à inventivité repose sur une abstraction. Dans le temple du « Y a qu’à », les prêcheurs se bousculent. L’édifice résonne encore de l’incantation précédente que, déjà, un nouvel orateur arrive. En vérité, il nous le dit, il faut in-ven-ter. Et qui dit inventif dit créatif. D’accord. Logeons des migrants dans les musées d’ moderne. Ces vastes espacés dédiés, parfois aux installations les plus incongrues, peuvent accueillir ces nouvelles populations. Les locaux sont là. Immenses, lumineux, assez vides… Toiles au mur, mais rien au sol. Le musée de l’avenue du Président-Wilson et le Centre Pompidou peuvent héberger, à eux seuls, un bon millier de demandeurs d’asile. Par extension, et dans la même logique, le Louvre présente une surface au sol démesurée qui permettrait d’accueillir une partie du . La Seine et le Rhône, qui ne servent à rien, pourraient être recouverts de dalles en béton propices à l’installation d’« Algeco », de camping-cars… Hors période estivale, ces véhicules très logeant, sont inutilisés. Qu’attend-on pour les réquisitionner ?

Mis en appétit par cette débauche d’idées, le public attend maintenant le résultat des travaux inventifs des candidats du concours Lépine et des membres de l’OFPRA réunis.

5 septembre 2018

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