Editoriaux - Politique - Presse - Table - 14 avril 2018

Antisémite primaire et viscéral, Plenel ? Non

La réacosphère et mes amis caquettent comme une basse-cour en apprenant que ce journaliste sera bientôt l’intervieweur de Macron.

Bien sûr, Plenel prit parti pour les Palestiniens. À vingt ans, gamin, grisé du renom de signer dans la presse écrite, il “soutint” les acteurs du massacre de Munich. Et l’on peut le lui reprocher. Mais, ce faisant, qui était-il et que faisait-il ?

Était-ce un homme qui écrivait ? Un homme mûr et constitué ? Ou la simple plume d’un bouillonnant esprit, encarté dans l’ultragauche ? Je vois en ses propos une sotte obligation de penser, un “révolutionnairement correct”. Et c’est bien ce qu’il dit : “Tous les révolutionnaires ne peuvent que soutenir les Palestiniens.” Doit-on voir ici le fruit d’une réflexion personnelle ou la simple logorrhée d’un clan, l’ultragauche, qui ne pense pas mais crie ? Crie et écrit, en l’occurrence.

Ainsi Plenel commit-il l’irréparable : critiquer Israël ; et soutenir le mauvais camp de ces gens – récemment victimes des guerres israélo-arabes, abandonnés par les pays musulmans voisins.

On me dira qu’il s’est réjoui ; réjoui de la mort d’un homme – onze, en ce cas. Je ne le crois pas. Rien de son écrit d’alors ne montre une satisfaction primaire de la bête devant son ennemi à terre. Rien d’un plaisir à tuer pour tuer, à voir l’innocent terrassé et souffrant à ses pieds. C’est, je crois, un simple soutien politique à une cause, que son mouvement lui commandait de victimiser. Un article imposé. Et, pour ma part, je ne crois pas que ses sentiments furent de même nature que la joie des exécuteurs de Daech quand ils se réjouissent sauvagement de voir le sang versé quand tombe la tête de leurs prisonniers. Non ! Il ne s’agissait pas d’une abominable satisfaction devant les corps abattus de ces pauvres athlètes.

Alors, certes, il l’a écrit. Certes, il était et demeure “pro-Palos”, comme on dit. Mais il semblerait plus juste de lui reprocher de n’avoir pas condamné la lâcheté du crime commis par Septembre noir plutôt que de lui faire dire une joie et un plaisir malsain, dont rien ne dit qu’il fut sien.

Ce journaliste prit bien d’autres positions éminemment discutables. Pour Plenel, critiquer Tariq Ramadan, c’est critiquer l’islam. La boucle est bouclée, pourrait-on dire au cher Edwy. Car si cette critique-là ne saurait être admise, il semble bien que celle du catholicisme soit recommandée, comme le montrait son tweet du 13 mars 2013 : “L’Église catholique a choisi un pape réactionnaire compromis sous la dictature militaire argentine.” On se souviendra aussi de son “Avez-vous vu, Mesdames, les monstres de la mi-janvier, qui manifestèrent contre l’avortement ?” au sujet des manifs de 2014. Pape François, réac ? Des monstres chez LMPT ? Bigre !

Aussi et encore, quand il évoquait Tariq Ramadan : “Nous n’avions aucun désaccord sur le fond.” Manuel Valls dit ainsi du directeur de Mediapart : “On est complice quand il y a de la complaisance par rapport à des individus.” Rions, dès lors, des cris d’orfraie éructés maintenant par un certain milieu (cf. L’Obs) qui l’encensa et fit de lui l’éphémère patron du Monde.

Mais non ! Je ne crois pas que le patron de Mediapart se soit réjoui de la mort de l’innocence, comme certains à Ramallah et Gaza se réjouissent devant les morts d’innocents dans les bus de Jérusalem et Tel-Aviv.

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