Economie - Editoriaux - Politique - Société - 11 janvier 2019

Anne Hidalgo : machinerie bobo à fabriquer de la dette

Anne Hidalgo a présenté, jeudi, ses vœux aux élus de la capitale. Et elle a mis le paquet, madame le maire !

Le paquet de remerciements, pour commencer, histoire sans doute de stopper l’hémorragie des rats qui quittent le navire hôtel de ville. Certes, la devise de Paris est fluctuat nec mergitur, mais la seconde partie de la proposition devient de plus en plus douteuse.

Comme le relevait Cyprien Cini, le lendemain matin sur RTL, « on aurait plutôt dit qu’elle recevait un prix », genre César du meilleur pipeau : « Merci à l’État, merci aux grandes autorités, merci à l’APHP, merci Emmanuel (sic), merci bien sûr à tous mes adjoints puis aux maires d’arrondissement, merci aux élus, merci à toi mon cher Patrick », a-t-elle égrené. Ne manquait que la famille, les oncles et tantes, et puis “papa et maman sans qui je ne serais pas là où je suis”, etc. Ah, j’allais oublier Bertrand Delanoë, le parrain, qui a disparu du paysage… Peut-être ne tient-il pas à ce qu’on rappelle que c’est lui qui l’a installée là !

Madame Hidalgo a annoncé pour 2019 tout un tas de choses mirobolantes. D’abord, la gratuité des transports en Île-de-France pour les enfants jusqu’à 11 ans et pour les Parisiens handicapés de moins de 20 ans. Dans sa hotte de mère Noël, il y a aussi la prise en charge de 50 % du pass Navigo pour les collégiens et lycéens et, enfin, l’abonnement Vélib’ gratuit pour les adolescents parisiens entre 14 et 18 ans.

Magnifique ! Extraordinaire ! Sauf qu’il faut faire là un peu de politique.

La gestion des transports revient essentiellement au STIF, le Syndicat des transports d’Île-de-France. Lequel dépend de la région. Laquelle est conduite par Valérie Pécresse, ennemie jurée d’Hidalgo et candidate plus que potentielle à la mairie de Paris. Une Valérie Pécresse qui a fait réaliser par des organismes indépendants, en octobre dernier, une étude sur la gratuité des transports. Étude qui a conclu que :
1) Le trafic routier ne baisserait que de 2 % par an ;
2) En supprimant 2,5 milliards d’euros de recettes, il faudrait augmenter les impôts de 500 euros par an et par ménage francilien.

À quoi il faudrait ajouter des investissements supplémentaires pour faire face à la hausse de fréquentation, soit « une charge bien trop lourde à supporter pour la collectivité ».
Les experts d’alors ont en effet rappelé que « le coût de fonctionnement du système de transport francilien dépasse les 10 milliards d’euros annuels »/em>.

Anne Hidalgo s’en moque bien. Elle est comme François Hollande : une machine à tricoter de la dette. Autrement dit, elle additionne les promesses, sachant qu’elle laissera aux autres le soin de gérer la gabegie, et plus elle voit s’éloigner l’hypothèse de sa réélection, plus elle plombe l’avenir des Parisiens.

Elle prétend, ainsi, autofinancer le coût de ses mesures sur les transports, estimé à 15 millions d’euros, « grâce aux recettes du nouveau marché de mobilier urbain d’information qui débutera en 2020 ». Il faudrait déjà que la mairie parvienne à éponger sa dette envers Decaux, Vélib’ et autres AutoLib’…

Enfin, plus allumée encore qu’on ne saurait l’imaginer, Anne Hidalgo a annoncé pour 2019 « une mesure choc de chez choc », comme dit Cyprien Cini, soit l’ouverture d’une partie du périphérique aux piétons le temps de la Nuit blanche. « Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un peu comme si vous pouviez aller vous balader sur l’autoroute un soir dans l’année. On ne voit pas bien l’intérêt… », poursuit le chroniqueur.

C’est sûr, on ne voit pas bien…

Simplement, Hidalgo a la tête rongée par les bobos. Elle rêve de les voir sillonner le périph’ grimpés sur leurs vélos de luxe, panier Hermès accroché au guidon. C’est sa clientèle.
D’ailleurs, elle organiserait prochainement un défilé haute couture sur le thème des gilets jaunes – Karl Lagerfeld ferait ça très bien – dans les salons de l’hôtel de ville que ça ne m’étonnerait pas.

C’est pas une bonne idée, ça ?

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