Editoriaux - Politique - 4 juillet 2019

2022 : l’union, sinon…

Les grandes manœuvres ont commencé.

En effet, si l’on constate une certaine agitation pré-municipales avec son lot de « retournements de veste », de travaux de voirie en cours (promis lors de la campagne précédente mais réalisés en urgence, bilan oblige…), ce scrutin est et restera avant tout local, même si, pour les grandes villes, la notion de couleur politique est plus présente. Non, ce qui se joue en ce moment, c’est « Objectif 2022 ».

D’un côté, Emmanuel Macron, souhaitant renforcer son implantation locale en susurrant son « chant des sirènes » à l’oreille d’une frange des Républicains en mal d’investiture LREM, et en se présentant comme la seule alternative au « camp du mal » (comprenez : ceux qui ne pensent pas comme lui). De l’autre, une opposition laminée et fébrile, cherchant à se « refaire une santé », parlant timidement d’union mais dont l’objectif est avant tout de défendre sa « petite boutique ».

Alors, l’union ? Parlons-en, justement !

Souvent plébiscitée mais jamais réalisée, hormis par François Mitterrand en 1981 à gauche, elle est devenue, pour la droite, sa ligne d’horizon : on la voit de loin mais on a beau s’en approcher, elle s’éloigne toujours…

Et pourtant, pouvez-vous m’expliquer quelles sont les grosses différences entre les lignes politiques d’Erik Tegnér (Racines d’avenir), de Julien Aubert (Oser la France), de Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), de Jean-Frédéric Poisson (Parti chrétien-démocrate) ou même du Rassemblement national, si l’on en croit Thierry Mariani ? Des différences, il y en a, certes, mais sont-elles vraiment insurmontables et sommes-nous condamnés à subir un deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron ? Les Français ne demandent pas aux chefs de parti de « partir en vacances ensemble » (selon l’expression consacrée) mais de faire preuve d’un peu d’humilité, de bon sens et de travailler ensemble à une plate-forme commune. C’est vrai, à l’heure actuelle, personne ne peut dire qui sera le candidat commun (s’il y en a un) de la droite en 2022. L’exemple d’Emmanuel Macron, qui a émergé du lot peu de temps avant la campagne, nous oblige à rester sur la réserve.

Et alors ? Les Français se moquent complètement de savoir qui sera face à Macron en 2022. Ce qu’ils veulent, c’est le battre et sortir notre pays de cette situation financièrement catastrophique pour une grande majorité, associée à une politique migratoire irresponsable, le tout sous la chape insupportable de la pensée unique macronienne.

Pour cela, si le Rassemblement national est incontournable pour y arriver, il doit comprendre que, seul, il va de nouveau à l’échec. Marine Le Pen devra donc laisser de côté sa volonté d’imposer l’hégémonie de son parti aux opposants à Emmanuel Macron et comprendre que la pluralité est une valeur ajoutée pour proposer une alternative fiable.

L’attente d’une majorité des Français ne doit pas être déçue, et la politique ayant peur du vide, le désintérêt de la population pour les partis traditionnels, s’il se confirme, pourrait laisser la place à des mouvements spontanés violents où les manifestations « gilets jaunes », avec les débordements du fait de l’extrême gauche, sembleront, pour le coup, des « querelles de bacs à sable ».

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