Vivre ensemble : aucun effet Coupe du monde. Et l’effet Benalla ?

Le verdict est tombé par la voix de Jérôme Fourquet commentant un sondage IFOP pour Atlantico :

L’euphorie sportive des Bleus ne semble pas contaminer l’optimisme ni la perception d’un véritable vivre-ensemble pour les Français. Ils ne sont que 24 % à penser que la Coupe du Monde va améliorer les relations entre les Français non-issus de l’immigration et ceux qui le sont.

Atlantico parle de « douche froide », tant on espérait, en haut lieu, que la mayonnaise de 1998 reprenne un peu.

Et, pour juger de l’écart, les sondeurs disposent de points de comparaison. D’abord entre l’avant et l’après-victoire : en mai 2018, 45 % des Français estimaient qu’il y avait de « vraies tensions entre les différentes communautés » ; les 18 et 19 juillet, le chiffre montait à… 57 % ! La Coupe du monde est même contre-productive…

Ensuite, en juillet 1998, 54 % des Français déclaraient que la victoire de la France les avait rendus « plus optimistes », ils ne sont plus, vingt ans après, que… 15 %. Ils étaient également 54 % à penser que la Coupe allait améliorer les relations entre les communautés ; ils ne sont plus que 24 %. Une chute de 30 points.

Pas besoin d’être grand sondeur pour prédire cet effondrement. La simple relecture des événements marquants de ces deux décennies – émeutes de 2005, basculement de quartiers entiers dans le non-droit, attentats islamistes – conduisait au même constat.

Mais, curieusement, le score de 24 % d’irrésistibles optimistes nous rappelle forcément les 24 % d’électeurs d’Emmanuel Macron à la présidentielle, il y a un an. En effet, le même sondage révèle que les plus optimistes, les plus confiants dans les vertus vivrensemblistes de la victoire de l’équipe de France sont les électeurs LREM.

Analyse de Jérôme Fourquet :

Cet électorat se caractérise structurellement, historiquement par un degré d’optimisme nettement plus fort que la moyenne. Il s’agit des catégories les mieux intégrées dans la société française. Et les macroniens sont même plus optimistes que les cadres supérieurs. C’est un peu une marque de fabrique de cet électorat, qui est plus optimiste que la moyenne, et qui donc a plus tendance à voir dans tel ou tel événement ou tel ou tel signe une promesse d’amélioration et d’embellie.

Ils ont l’optimisme facile, chez LREM. Ou la lucidité limitée.

On attend avec impatience le sondage qui mesurera l’effet de l’affaire Macron-Benalla. Mais si nous mettions les pieds dans le plat ? L’Élysée ne nous donnant toujours pas d’explications, toutes les hypothèses sont permises. L’omniprésence de ce M. Benalla dans l’album-photo du Président et les privilèges exorbitants qui lui furent concédés, c’était peut-être pour la promotion de la diversité et du vivre ensemble, non ? Si tel était le cas, Emmanuel Macron est un bien piètre sélectionneur et il aurait dû tirer les leçons des errances de certains membres des équipes de France précédentes : promouvoir le vivre ensemble avec des racailles dorées qui se croient tout permis, c’est vraiment contre-productif, et cela peut même devenir explosif.

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