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Quand un urgentiste justifie l’agression des pompiers… parce que ce sont des militaires !

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

Il aura fallu la tenue du congrès annuel des sapeurs-pompiers, la semaine passée, pour qu’on aborde la question : les soldats du feu sont de plus en plus empêchés de faire leur travail. Appelés pour tomber dans des guet-apens, caillassés quand ils ne sont pas visés par des cocktails Molotov, victimes d’agressions physiques et d’insultes, ils n’en peuvent plus. Alors que cette situation était, jusqu’à ces dernières années, l’apanage des « quartiers difficiles » des métropoles, force est de constater qu’elle se répand aujourd’hui sur tout le territoire français.

En 2015, année des dernières statistiques officielles, 1.939 pompiers ont déclaré avoir été victimes d’une agression en intervention. C’est 21 % de plus qu’en 2014 et 80 % de plus qu’en 2009 !

Le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) rappelle à l’AFP que des conventions ont été signées avec les forces de l’ordre pour intervenir conjointement dans les zones à risques, ils n’en sont pas pour autant rassurés. Les tentatives de meurtre sur des policiers, en 2016, ont prouvé que la voyoucratie – qu’il s’agisse de l’extrême gauche « révolutionnaire » ou des dealers protégeant leurs trafics – n’hésite pas plus à casser du flic que du pompier.

Ce contexte rend donc particulièrement scandaleuse la réponse du dénommé Christophe Prudhomme, urgentiste CGT, invité sur le plateau de « L’Émission politique » de France 2 pour répondre à Marine Le Pen.

Quand la présidente du Front national avance cette vérité d’évidence :
– « Souvent, les fondamentalistes islamistes, et vous le savez, vivent dans des quartiers où on n’entre plus. La police n’y entre plus, les médecins n’y entrent plus, les pompiers n’y entrent plus, la République n’y entre plus ! Donc, c’est un échec… »
M. Prudhomme s’insurge et nous offre ce dialogue surréaliste :
« Ils respectent… ils respectent… ils respectent le service public de santé en Seine-Saint-Denis, j’y travaille tous les jours !
– Pas les pompiers…
– Les pompiers de Paris, c’est l’armée… »

Et donc, si l’on comprend bien, il est normal de s’en prendre aux pompiers comme on s’en prend aux gendarmes, à la police, parce que ce sont des militaires. Autrement dit, la droite, des fascistes, de la graine de tortionnaires, sans doute.

Voilà, en ce 19 octobre 2017, le raisonnement d’un médecin urgentiste de la CGT ! Édifiant…

Édifiant comme l’est cette révélation faite au procès d’Abdelkader Merah par Christian Balle-Andui, ancien patron du renseignement toulousain. Un homme écœuré, venu déclarer à la barre qu’il avait, dès le meurtre des deux militaires à Montauban, fourni aux autorités une note contenant les noms de trois suspects, dont celui de Mohammed Merah. Mais voilà, « parce que la pression de la gauche morale désignait l’extrême droite comme coupable, la hiérarchie ne voulut pas entendre ce policier qui désignait des djihadistes », rapporte Yvan Rioufol sur son blog (Le Salon beige). Le policier demanda à visionner les vidéos des meurtres, assurant qu’il « aurait pu reconnaître Merah et peut-être stopper sa course ». On n’a pas daigné accéder à sa demande, et trois jours plus tard, Mohammed Merah abattait un adulte et trois enfants dans l’école juive Ozar Hatorah.

Faut-il rappeler, aussi, qu’on a fait peu de cas de l’assassinat de ces trois militaires : d’abord Imad Ibn Ziaten, à Toulouse, qu’on a négligé parce qu’il portait un nom arabe, et qu’un Arabe, forcément, même militaire, hein… Puis Mohamed Farah Chamse-Dine Legouad et Abel Chennouf, après avoir grièvement blessé Loïc Liber.

Mais peut-être Christophe Prudhomme-de-la-CGT pense-t-il, là aussi, qu’étant militaires, ils l’avaient bien cherché ?

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