Editoriaux - Société - 23 août 2018

« Le camping-car, symbole du moi d’abord » ?  Rétablissons quelques vérités

Beaucoup de lecteurs de Boulevard Voltaire et la communauté des camping-caristes ont été agacés, pour ne pas dire plus, par la tribune de François Teutsch. Tous les points de vue sont respectables, mais il convenait que ces perceptions subjectives soient confrontées à des données plus objectives. Nous sommes d’accord avec lui sur la beauté de la Bretagne ainsi que de la France en général, beauté que le camping-car permet de découvrir de façon extraordinaire.

Mais nos engins seraient « aussi lourds que dangereux, aussi polluants qu’inesthétiques ». Lourds, oui. Accidentogènes ? Non. Il n’existe aucune statistique sur l’accidentologie spécifique aux camping-cars. En effet, si l’on compare les tarifs des assurances camping-car aux autres moyens de locomotion, on s’aperçoit qu’ils sont très peu chers pour des machines dont le prix moyen est de 50.000 à 70.000 €. Cela démontre qu’il y a peu d’accidents impliquant des camping-cars. Les assureurs ne font jamais de cadeau. En outre, les campings-cars, justement parce qu’ils roulent bien plus lentement que les autres véhicules, sont beaucoup moins dangereux pour les piétons.

Polluants ? Comme tous les véhicules automobiles, nos machines sont soumises à des contrôles techniques périodiques et renforcés récemment. S’ils étaient « polluants », ils n’obtiendraient pas le contrôle technique. Pour mémoire ou information, on estime à 450.000 le nombre de camping-cars en France, contre 40 millions d’automobiles, 6,6 millions d’utilitaires et poids lourds, bus, motos…. Ajoutons à cela qu’un tiers des camping-caristes ne sortent que pendant les vacances de juillet-août. Donc, l’argument de la pollution ne tient pas. Inesthétiques ? C’est du domaine du goût de chacun.

Quant à l’inadaptation aux lieux, il y a matière à débat. Comme tout véhicule, nous empruntons les routes de France et parfois contre notre gré quand il faut traverser un petit village sans déviation. Néanmoins, 90 % des camping-cars sont équipés de GPS spécifiques afin d’éviter les rues étroites, les ponts trop bas, etc. Malgré tout, nous ne pouvons tout éviter (surtout quand beaucoup trop de communes n’ont pas fait l’effort de signalisation nécessaire) et créons parfois involontairement des ralentissements. Mais pas de « bouchons ». De même, pour le stationnement, la très grande majorité des camping-caristes respectent le Code de la route qui autorise les 3,5 tonnes à stationner dans les mêmes conditions qu’une voiture. Nous préférerions stationner sur des parkings mais des milliers de communes placent des barres de hauteur un peu partout et font fleurir des panneaux d’interdiction. En toute illégalité. Alors, certains d’entre nous passent leur chemin (dommage pour le commerce et pour nous), d’autres stationnent où ils peuvent.

Pour la réglementation, nous la respectons. Le permis B permet de conduire un véhicule jusqu’à 3,5 tonnes. Au-delà, il faut un permis « poids lourd ». Il est étrange d’entendre réclamer un surplus de réglementation alors que les automobilistes que sont aussi les camping-caristes étouffent déjà sous leur poids.

Enfin, quand on voit les ravages irréversibles faits au patrimoine, on ne peut de bonne foi incriminer le camping-cariste qui se sera approché d’une chapelle du XVIIe pour la faire découvrir à ses enfants.

Certes, comme dans toute communauté, il y a une petite minorité qui ne respecte pas forcément les règles de déontologie du camping-cariste mais, de grâce, pas de généralisation. La grande majorité sont des gens respectueux des endroits visités et de leurs habitants. Mais aussi des amoureux de la France et de ses beautés.

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