Audio - Editoriaux - Entretiens - Société - 1 mars 2019

Joachim Veliocas : « Emmanuel Macron semble ignorer la jurisprudence du droit français au nom de son engagement pro-actif pour les musulmans ! »

Joachim Veliocas, de l’Observatoire de l’islamisation, analyse le dossier du Point et l’enquête de Jérôme Fourquet sur le taux, en pleine augmentation, des prénoms arabo-musulmans. Il revient aussi sur la « fake news » d’Emmanuel Macron sur le voile en entreprise.

On ne dit plus « Grand Remplacement mais « Grand Bouleversement ». C’est, en tout cas, de cette façon-là que Le Point a intitulé son dossier, en reprenant notamment des passages du livre de Jérôme Fourquet. Il confirme, ainsi, une information qui circulait déjà : 18 % des prénoms donnés aujourd’hui en France sont d’origine arabo-musulmane. Comment avez-vous réagi en voyant ce dossier ?

Son livre paraît intéressant dans la mesure où il ne se contente pas de parler uniquement d’immigration. Le mot « bouleversement » qu’il utilise recouvre donc plusieurs réalités.
S’agissant spécifiquement de la démographie, il ne faut pas se payer de mots, il faut bien appeler « remplacement » de population. Et ce remplacement saute aux yeux !
Préalablement, il faut rappeler que c’est sous Fdesouche, le blog bien connu, qu’un article très documenté de janvier 2017 avait croisé pour la première fois les chiffres de l’INSEE de 2016 et 2017 à partir d’une base de données de prénoms musulmans. Monsieur Fourquet a repris tous ces chiffres dans son livre. Il ne cite pas Fdesouche, mais ceux qui ont fait le travail sont tout de même cités.
Le chiffre de 18,5 % n’est qu’une moyenne à l’échelle nationale. Il cache, en réalité, d’énormes disparités entre les zones. En Seine-Saint-Denis, on est passé, en 1996, de 17 % de prénoms musulmans à 43 %, aujourd’hui. Le Val-d’Oise est passé de 9 % à 30 %. Vous imaginez un peu ? En à peine vingt ans, c’est énorme ! L’Essonne arrive à 25 %. Le Rhône est passé de 8 % à 23,5 %.
On voit bien l’effet du droit du sol en France. Les enfants nés dans une maternité française de parents étrangers, venus en France avec un simple titre de séjour, seront automatiquement français à leur majorité. Ce phénomène vient booster le chiffre des prénoms musulmans issus de l’immigration régulière. Et les chiffres sont énormes. On en est arrivé à 250.000 titres pour long séjour par an. À cela s’ajoutent les visas touristiques octroyés pour les pays du Maghreb. Par exemple, pour l’Algérie, on attribue plus de 400.000 visas par an. Ces gens-là viennent en France pour fuir la misère économique dans leur pays. Dans les faits, peu repartent en Algérie.

Vous avez également tenu à démonter la « fake news » d’Emmanuel Macron concernant le voile en entreprise. Il s’était engagé à faire voter des sanctions contre les entreprises qui opéreraient des discriminations dans ce domaine. Pour vous, cela va-t-il à l’encontre du droit des entreprises ?

À Pessac, devant un public féminin, Emmanuel Macron répondait à une femme voilée au point qu’on ne voyait même pas ses oreilles. Elle disait qu’elle n’a pas d’autre choix que d’être assistée, puisqu’elle ne peut pas être embauchée ni dans la fonction publique ni dans des entreprises privées. Emmanuel Macron lui a répondu que la neutralité s’imposait en effet dans le service public, mais qu’en revanch, dans les entreprises privées, elle aurait tout à fait le droit d’être embauchée.
Si les chefs d’entreprise n’autorisaient pas le voile islamique, ils se verraient sanctionner parce que c’est la loi et qu’il va multiplier les testings. Avec de faux candidats, l’État contrôlera si, à compétence égale, l’entreprise refuse une femme voilée ou non. Emmanuel Macron compte donc bien mettre en œuvre une politique proactive en la matière.
Le problème est que la Cour de cassation, en novembre 2017, avait mis les points sur les i et avait bien notifié que, dans le cas d’une entreprise ayant un règlement intérieur stipulant qu’il n’est pas possible de porter certaines tenues vestimentaires, sans parler de religion, l’entreprise pouvait se targuer de son règlement intérieur pour refuser des femmes voilées, en particulier celles qui sont au contact de la clientèle.
Emmanuel Macron semble ignorer la jurisprudence du droit français. En voulant traquer les méchants chefs d’entreprise français qui s’opposeraient au voile, il laisse percevoir son engagement proactif pour les musulmans. Et, surtout, il a dû contenter et réjouir tous les islamistes du pays qui le regardaient à la télévision répondre à la question de cette femme…

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