Editoriaux - Politique - 21 octobre 2018

Impeccable : Marlène Schiappa a le bon ADN !

Ouf ! Nous voilà rassurés. Le labo a rendu public le test : l’ADN de Marlène Schiappa est en tout point compatible avec celui de La République en marche. Des fois qu’on ait eu comme un doute sur la paternité politique de la dame de l’Égalité entre les femmes et les hommes et autres lieux en discriminations. C’est la secrétaire d’État elle-même qui l’a annoncé. Mieux, elle « pense, comme d’autres, incarner l’ADN du mouvement et une forme de renouvellement ». Où va se nicher l’incarnation, c’est dingue ! Marlène Schiappa déborde donc d’acide désoxyribonucléique macronienne (ADNM) et c’est donc pour cela qu’elle réfléchit à présenter sa candidature, vu que Christophe Castaner avait repéré que son ADN à lui était compatible avec celui de ministre de l’Intérieur.

« Une forme de renouvellement » ? Dites-donc, ça renouvelle à un sacré rythme, à la start-up ! Fondé en 2016 comme un « parti-entreprise » (« dirigé d’une main de fer par son fondateur et chef charismatique », pour reprendre l’expression d’un membre du Parti socialiste), La République en marche enchaîne en série les CDI de courte durée à sa tête ! À l’image du marché de l’emploi rêvé par Emmanuel Macron, peut-être ? En attendant de nouvelles élections et qu’Emmanuel Macron ait décidé qui sera le prochain délégué du parti-godillot – « Quelle que soit la décision, elle sera collective », affirme Marlène Schiappa, mais bon… -, c’est un intérimaire (très à la mode, aussi, l’intérim) qui va faire la soudure. Un illustre inconnu qui répond au nom de Philippe Grangeon. Son métier ? La communication. Tout un symbole.

Mais revenons à Marlène Schiappa. Visiblement, elle se sent pousser des ailes. Élue adjointe au maire du Mans en 2014, chargée de l’égalité, de la lutte contre les discriminations et de la charte LGBT (en clair, distributrice de subventions aux associations up to date dans la cité mancelle), conseillère au cabinet de Laurence Rossignol, alors ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, pendant… quatre mois en 2016, elle rejoint rapidement la start-up Macron. Comme quoi, il faut lui reconnaître un certain flair politique. La suite, on la connaît : décrochage de la timbale en 2017 et, au remaniement de la semaine dernière, elle vient de se voir confier la dure lutte contre les discriminations.

Cette femme de lettres – on dit « écrivaine », de nos jours -, à qui l’on a prêté la maternité d’un chef-d’œuvre intitulé Les filles bien n’avalent pas, semble en tout cas avoir tout compris des codes de la politique. Aussitôt atteint une marche, il faut viser la suivante. Avec, évidemment, la petite touche d’éléments de langage qui vous donne un arrière-goût de la tambouille d’avant : « Avant de parler candidature, je tiens à rendre hommage au travail mené par Christophe Castaner, notamment pour permettre à La République en marche d’être considéré comme un partenaire incontournable des formations politique européennes progressistes. » Donc, Christophe Castaner a travaillé à la tête de La République en marche. C’est une information.

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