Editoriaux - 21 janvier 2019

Grand débat national : le gala au profit des organisateurs de gala !

Dans un sketch célèbre, le génial Fernand Raynaud évoquait avec dérision sa présence au « Gala au profit des organisateurs de gala ». Je ne puis m’empêcher de faire un parallèle avec tout ce que l’on voit et entend dans les médias « mainstream » sur le « grand débat » macronien.

Car, enfin, de quoi débattent tous ces experts, ces communicants sortis d’on ne sait où, ces députés au discours et au look formatés, ces journalistes dont la mansuétude confine à la flagornerie ?

Eh bien, ils ne débattent que du débat !

« Le Président a été très bon et quel exploit de parler ainsi pendant des heures sans filet devant des contradicteurs aussi véhéments ! » entend-on. Bon, il est vrai que le petit Emmanuel a un évident talent de showman, mais quelle « creusitude » dans le propos. On croirait entendre un quelconque prédicateur évangéliste !

Ils sont marrants, tous ces maires, avec leur écharpe, entassés comme des sardines, qui posent les « questions qui fâchent » en lisant leur texte en tremblant.

On voit peu à peu les crânes se mettre à briller jusqu’au moment tant attendu : Emmanuel « tombe la veste » ! Frémissement dans la foule de ces pauvres maires qui aimeraient bien, eux aussi « tomber la veste », mais avec l’écharpe en bandoulière, ce n’est guère commode…

Et puis, les gymnases de Bourgtheroulde et de Souillac, ce n’est pas le Zénith climatisé ! C’est « la France profonde », celle qui transpire pour gagner sa modeste pitance.

Pitoyable spectacle que celui de ce retraité qui vient présenter son décompte de retraite au Président comme un mendiant qui vient quémander une obole. Pitoyable spectacle que celui de ce Président faisant semblant d’analyser en expert le décompte de retraite de ce pauvre type en disant : « Là, il y a une anomalie, contactez-nous, on va s’en occuper. »

Pitoyable spectacle que celui de villes totalement bouclées par les forces de police pour préserver le Président au cas où des « hordes furieuses », voire des troupeaux de vaches enragées, viendraient troubler la douce quiétude de son show médiatique.

Il n’y a, évidemment, rien à attendre de ce « grand débat » dont les contours sont d’ores et déjà limités et les intervenants triés sur le volet.

Pitoyable spectacle que de voir une campagne électorale ainsi organisée et financée par « le bon peuple de France ».

Et pendant tout ce temps, la France est au ralenti et celles et ceux qui bossent pour de vrai attendent de savoir comment vont se matérialiser toutes les pseudo-réformes de ce gouvernement qui commence tout mais ne finit rien. Dans la formation, notamment, où personne ne sait encore comment cela va se passer, les textes d’application n’étant toujours pas sortis.

Peut-être seront-ils diffusés dans Gala, entre deux photos de Brigitte et Emmanuel.

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