Editoriaux - Société - 13 septembre 2018

Et si on interdisait aux femmes, les robes, les jupes et les prénoms spécifiques ?

Richard Ferrand vient d’être élu au perchoir en s’excusant ironiquement de ne pas être une dame. Le philosophe Raphaël Enthoven s’est plaint (pour rire) de ne pas être une femme noire car, dans ce cas, ses propos provoqueraient moins d’opposition. Ces petits incidents montrent l’existence d’un climat particulier : les partisans de l’égalité totale entre hommes et femmes sont déchaînés en cette fin d’été 2018 et un homme doit toujours s’excuser de ne pas appartenir au sexe qualifié jadis de « faible » je sais : il faut parler plutôt de « genre » si on veut rester dans le conformisme bien-pensant, mais je suis un infâme hérétique cisgenre). Pourtant, il reste deux énormes et effroyables scandales que, bizarrement, personne n’évoque !

Le premier est vestimentaire. Les femmes, si on excepte une poignée de mâles qui veulent se différencier, sont les seules à porter des jupes ou des robes. Quelle horreur sans nom ! Comment peut-on encore tolérer cet abus dans ce vingt et unième siècle qu’on croyait pourtant remis sur de bons rails ? Ces ignobles jupes et ces robes aggravent leur cas, car elles sont un évident signe sexuel, un symbole de l’infériorité de la femme dans l’imaginaire machiste et réactionnaire. Ne dit-on pas d’une femme qui ne met que des jupes et de hauts talons qu’elle est féminine (l’antonyme de féministe !) ? La robe n’est-elle pas un allié objectif du violeur en lui permettant de trousser facilement sa proie ? Une femme en jupe n’a-t-elle pas des difficultés à s’asseoir convenablement si elle ne veut pas montrer ses dessous ? Cette tenue vestimentaire rétrograde la met donc en position d’infériorité.

N’hésitons pas ! Bannissons d’urgence de l’Hexagone jupes et robes, infâmes symboles machistes et réactionnaires ! On mettra des amendes salées à celles qui passeront outre cette prescription.

Deuxième scandale à une époque où la Cour suprême de l’Autriche introduit un troisième genre (le neutre) pour les individus, où un invité arborant une barbe et une peau rose affirme n’être un Blanc ni un homme : les prénoms liés au sexe. Va-t-on tolérer encore longtemps que ce patronyme affecte d’autorité et dès leur naissance les petits Français dans une case fille ou garçon alors que, plus tard, leurs enfants voudront changer de sexe ? Cette bien mauvaise coutume est inadmissible et il faut corriger cet abus dans les plus brefs délais. Autoriser les parents à attribuer un prénom féminin à leur garçon ou l’inverse ne résoudra rien, car les habitudes néfastes continueront. Non, le Parlement doit proscrire l’ensemble des prénoms non mixtes sans en oublier aucun. Ne restera qu’une poignée de prénoms donnés indifféremment aux deux sexes : Camille, Claude, Anne (du temps de François Ier, on a brûlé pour hérésie un conseiller du Parlement de Paris nommé Anne du Bourg). Après, je cale ! Mais ce n’est pas grave si on peut compter les prénoms mixtes sur les doigts d’une main : on encouragera les parents à inventer les prénoms de leurs bébés, du moment que les syllabes choisies soient neutres, genre Alliabi, Marelo. L’imagination sera reine et le champ des possibles infini ! Ainsi, ceux qui veulent changer de sexe ne seront plus obligés de changer de prénom, ce qui est toujours traumatisant.

Certes, 80 % des Français seront sans doute hostiles à ces réformes, mais leur avis réactionnaire n’a aucune importance. Que la majorité impose ses choix est une notion dépassée et antique. Seul compte ce que pensent les progressistes et les bien-pensants et toutes les autres opinions doivent être mises à la poubelle. Vive la révolution féministe intégrale !

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