Economie - Editoriaux - Médias - Supplément - 4 février 2018

CSG : la potion est plus amère que prévu

Mauvaise nouvelle pour douze millions de Français qui ont la malchance d’être retraités : comme la CSG s’applique sur la pension brute, ils perdent non pas 1,7 % mais 1,89 % de leur net. En outre, beaucoup pensaient échapper à la ponction, car gagnant moins de 1.200 euros par mois. Mais voilà, la réalité est plus cruelle que cela !

Exemple de deux conjoints retraités percevant chacun une pension de 950 euros par mois. Pas concernés par la hausse de la CSG ? Eh bien, si, car on tient compte des revenus du couple. Il faut en effet toucher, à deux, moins de 22.000 euros par an pour ne pas être impactés par l’augmentation de la CSG. Pour aggraver ce « hold-up », les pensions ne seront pas revalorisées en 2018 après une modeste augmentation de 0,8 % en 2017. L’inflation sur deux ans étant de 3 %, le pouvoir d’achat des retraités (hormis ceux qui touchent le minimum vieillesse) baissera au total de 2,2 % à 4 % ! Pourtant, en théorie, les pensions devraient suivre l’inflation, mais les gouvernements dérogent sans vergogne à ce principe. Et malgré les mensonges éhontés des médias pro-Macron, cette odieuse rapine ne permettra pas d’augmenter le revenu des actifs, mais leur évitera seulement de perdre du pouvoir d’achat…

Certes, un salarié du privé gagnant 1.700 euros par mois aura un gain de 108 euros en 2018 et de 243 euros l’an prochain. Mais les fonctionnaires (23 % des actifs) verront leur rémunération diminuer fortement, car la hausse de la CSG est seulement compensée, alors que les cotisations retraites explosent. De plus, le pouvoir fait flamber les taxes sur l’énergie et la fiscalité dite « verte », baptisée ainsi pour mieux duper les Français et leur faire accepter sans protestations des prélèvements indus qui n’ont aucune justification économique. On prélèvera 400 euros de plus chaque année jusqu’en 2022. Si on met en balance la baisse de la taxe d’habitation (200 euros par an), 60 % des habitants de l’Hexagone verront leur revenu stagner en 2018 et 2019 avant de perdre en moyenne 200 euros en 2020, puis 400 euros en 2021 et 2022 (ponction totale 1.000 euros !). Le reste de la population perdra de 300 à 1.000 euros en 2018, 200 à 400 euros en 2019 et 2020 et 400 euros en 2021 et 2022. En matière fiscale, M. Macron met ses pas dans ceux de M. Hollande (même si nous n’atteindrons pas les records du précédent septennat).

Le pouvoir évacue les pertes dramatiques des retraités d’une pichenette méprisante et se gargarise de la mensongère augmentation des revenus des actifs. Son arrogance rappelle celle des ministres et députés socialistes qui se moquaient des ouvriers lorsqu’on a supprimé la détaxation des heures supplémentaires instaurée par M. Sarkozy. On fait passer les spoliés pour des nantis qui devraient avoir honte de pleurer sur leur perte alors qu’il s’agit en fait des classes sociales les moins favorisées.

Cette désinvolture a coûté très cher à M. Hollande et a contribué en grande partie à empêcher sa réélection. M. Macron risque de payer de même, rubis sur l’ongle, dans les urnes, sa morgue et sa suffisance. Combien de Français commencent à se dire « Vivement 2022, qu’on dégage le Président ? »

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